‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 243 sur 268 · LIVRE XV. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — CORRESPONDANCE

observer que, tant que je ne connaîtrai pas vos intentions, je devrai agir avec circonspection, afin de ne pas m’exposer à être battu ou au moins à reculer. Mon mouvement doit nécessairement fixer ['attention de l’ennemi; il devra détacher des troupes pour m’observer, c’est à vous à en profiter pour agir, afin de ne pas laisser à lord Wellington la facilité de faire impunément un détachement sur moi.

« Je vous ai développé plus haut les motifs qui m’empêchent de vous donner des ordres précis; mais voici mon opinion sur la manière dont vous devez agir : aussitôt que lord Wellington aura fait un détachement sur moi, vous devez vous porter sur la rive gauche du Duero, soit par le pont de Tordesillas, soit par le pont de Toro. Si vous passez par Tordesillas, je me porterai sur Médina ou Valdestillasafin de me réunir à vous, et ensuite nous agirons avec vigueur. Si vous passiez à Toro et que vous vous portiez sur Salamanque, je me porterai sur Alba de Tormés par Fontiveros. Cette dernière opération aurait l’avantage de forcer lord Wellington à quitter les environs de Tordesillas pour se réunir à Salamanque, et un premier mouvement rétrograde serait fort avantageux pour l’opinion et nous donnerait la faculté de nous réunir. Il n’est pas probable que lord Wellington se hasarde à passer sur la rive droite du Duero par Tordesillas lorsqu’il verra que vous et moi nous nous portons sur

MÉMOIRES Df DUC DE RAGUSK.

Salamanque, puisqu’il perdrait sa ligne d’opération sur le Portugal, à laquelle il doit tenir beaucoup. Je n’hésiterais pas même à vous donner l’ordre de vous porter rapidement sur Toro, et de là sur Salamanque, si je savais ce qui se passe sur la rive droite du Duero, où on dit qu’une armée espagnole est en opération. Cependant je ne puis me dispenser de vous faire observer que cette armée sera bientôt dispersée si nous parvenons à battre l’armée anglaise. Faites-moi donc savoir, monsieur le maréchal, ce que vous croyez pouvoir entreprendre, et comptez que de mon côté je ferai tout ce qui dépendra de moi. »

LE ROI JOSEPH Al MARÉCHAL MARMONT.

• U juillet 181 - 2 .

« Monsieur le maréchal, je vous ai écrit par six différentes voies en vous annonçant mon départ de Madrid dans le but’ de vous porter moi-même les secours que je n'avais pu vous procurer des autres armées. J’avais appris à Villajcastin et on me confirme ici votre passage du Duero et la retraite de l’armée anglaise sur Salamanque. Je suis impatient de connaître par vousmême la vérité de ce qui se passe, et vos espérances ■et vos projets. J’ai avec moi douze mille hommes, deux mille chevaux et vingt bouches à feu. Je ne

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