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de l’armée anglaise sur l’Aguada, et, du 1" au 2, quarante mille hommes. J’arrivai de ma personne le 21 à Fuente-El-Sauco, où j’établis mon. quartier général, et j’appris en ce moment l’étonnante nouvelle de la prise de Rodrigo.
La ville de Rodrigo, défendue par les Espagnols et attaquée par le sixième corps, commandé par le maréchal Ney, avait résisté pendant vingt-cinq jours de tranchée ouverte, et nous avait coûté beaucoup d’hommes et de munitions. Cette place, dans un bon état de défense, était augmentée d’un ouvrage extérieur, d’une lunette sur le plateau du grand tesson, au-dessus de la ville, devant lequel l’ennemi devait ouvrir la tranchée. J’avais fait arranger, comme poste, un grand couvent situé dans le faubourg et destiné à soutenir cette lunette; les calculs les plus modérés devaient faire compter sur une défense de trois semaines de tranchée ouverte.
Mais le général Dorsenne, de qui cette place dé- . pendait, en avait confié le commandement au général Rarié, détestable officier, sans résolution et sans surveillance. La garnison, composée de ses moins lionnes troupes, n’était forte que de deux mille hommes, et le général Dorsenne avait mis luimême une si grand# négligence dans la garde de la frontière, qu'il y avait deux mois qu’il n’avait reçu de rapports de Rodrigo, sans en être inquiet,
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sans avoir fait aucun mouvement pour s’en procurer; et cependant un simple détachement de trois cents chevaux aurait pu lui en donner avec la plus grande facilité. Le général Barié, attaqué, ne fit. aucune disposition raisonnable. Le couvent fortifié, qui avait joué un grand rôle entre les mains des Espagnols, et devait, dans la circonstance, concourir si puissamment à la défense, ne fut pas occupé, et l'ennemi y entra sans combattre. La lunette fut enlevée de vive force, sans aucune perte, le soir même du. jour de l’investissement. Dès le 16, l’artillerie avait commencé son feu. Le 18, la brèche étant faite, dans la nuit l’assaut fut donné. On défendit la brèche avec succès; mais une fausse attaque par escalade réussit, et la ville fut emportée. Jamais opération pareille n’a été conduite avec une plus grande activité. Ainsi, en huit jours, à dater du moment de l’approche devant la place, les Anglais avaient atteint le but qu’ils s’étaient promis. Avec une défense si misérable, si peu en rapport avec tous les calculs, il n’v avait pas eu une chance pour arriver à temps au secours de cette place.
Cet événement changeait toutes mes combinaisons. Mes forces n’étaient pas réunies, et je ne pouvais pas aller chercher l'armée anglaise, appuyée à Rodrigo. Je laissai cependant arriver mes troupes pourêtre en mesure d’attaquer les Anglais si, après le siège, ils s’étaient portés sur la Tor-