‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 44 sur 268 · LIVRE XV. — i8i i-iRiî · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — i8i i-iRiî

mès: mais je reçus, deux jours après, la nouvelle que les Anglais avaient repassé l’Aguada et repris leur cantonnement. Pendant cette opération, le corps de Ilill, étant sorti de l’Alenlejo, s'était présenté sur la Guadiana et bloquait Badajoz. Le maréchal Soult avait jeté les hauts cris et demandé du secours mais la réunion de l’armée anglaise sur la Coa m’avait rassuré sur les dangers de Badajoz, et ce blocus, simple démonstration, ne dura que quelques jours. Cependant, une’ fois Rodrigo pris, je crus devoir être très attentif à ce qui se passerait en Estramadure; car cette province devait, d’après les probabilités, devenir bientôt le théâtre des opérations des Anglais. En conséquence, dans les premiers jours de février, le détachement du général Montbrun m’ayant rejoint, je laissai les première et quatrième divisions dans la vallée du Tage avec cinq cents chevaux. Je plaçai également la sixième division à portée, dans des cantonnements sur le revers des montagnes à Montcbeltro, et toutes ces troupes furent mises sous les ordres du général Foy.

J’arrêtai, dans la province de Léon, la huitième division, qui resta là en observation. J’établis une bonne avant-garde, avec autant de cavalerie légère que possible, à Salamanque, aux ordres du géné-

1 Pièces justificatives.

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ral Montbrun, et le reste de l’armée fut établi sur le Duero et dans la province d’Avila.

Le mouvement du général Montbrun dans la Manche avait été superflu, et la défense des Espagnols devant Valence misérable. La prétendue bataille, livrée pour cerner la ville, se composa de deux charges de cavalerie faites par le 4* de hussards et le 15* de cuirassiers. Toute l’armée de Blake se débanda, et la ville de Valence ouvrit ses portes après avoir soutenu un simulacre de siège.

A cette occasion, je raconterai une anecdote peignant le caractère espagnol avec vérité et montrant d’une manière plaisante cette bouffissure qui lui est propre, ainsi que le besoin de titres poussé jusqu’au ridicule, sans cependant vouloir lui ôter ses grandes ' vertus, parmi lesquelles sont, avant tout, un patriotisme ardent et un grand amour de la vérité.

Les armées espagnoles n’ont rien fait de bien nulle part, excepté dans la défense dès places et des villes, et j’en expliquerai la cause ailleurs. L’armée de Blake avait, je ne sais dans quelle occasion, fait un peu moins mal que les autres, et les Cortès, pour récompense, avaient donné à ces troupes, par un décret, le surnom de Los Mas Vullenles. Ces soldats s’en étaient fait comme un nom propre. Dans sa marche, Montbrun trouva des nuées de ces soldats qui rentraient chez eux. On les arrêtait et on leur demandait qui ils étaient, et tous répondaient con-

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