‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 92 sur 268 · LIVRE XV. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — CORRESPONDANCE

« L’Empereur aurait désire, monsieur le maréchal, avoir l’état de situation de l’armée de Portugal. J’ai reçu le petit état d’organisation que vous m’avez envoyé, mais qui ne contient aucune force ni même l’indication des bataillons et escadrons. Témoignez à votre chef d’état-major combien l’Empereur est impatient d’avoir ces états, et prescrivcz-lui la plus grande exactitude à me les envoyer aux époques prescrites. Sa Majesté s’occupe essentiellement de son armée de Portugal, et je suis dans l’impossibilité de lui en présenter la situation récente. '>

NOTE DU DUC DE RAGUSE SUR LA CORRESPONDANCE DU DUC DISTRIE ET DU MAJOIl GÉNÉRAL.

Quelques mots d’abord sur les lettres du maréchal duc d’Istrie, commandant l’armée du nord de l’Espagne, lettres que l’on vient de lire tout à l beure. Les deux premières me sont adressées, la dernière est la copie de celle qu’il écrit au prince de Neufchâtel. 11 est difficile de peindre d une manière plus exacte l’état déplorable dans lequel j’ai trouvé l’armée quand j’en ai pris le commandement. Ce que je dis dans le texte de mes Mémoires est donc corroboré par le récit d’une personne étrangère qui était en situation de voir et de juger, et dont l’intérêt se trouvait plutôt à embellir ma

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position qu’à en exagérer la misère, afin d’être dispensé de m’envoyer une partie des secours qu'il avait l’ordre de me faire passer. Mon récit est encore corroboré par la crainte extrême que le duc d’Islric éprouvait de me voir exécuter l’opération que je méditais. Il n’est peut-être pas sans quelque mérite d’avoir trouvé le moyen de donner si promptement de la consistance et de la valeur aux débris qui m’avaient été confiés, et d’être parvenu à pouvoir opérer avec eux, si peu de moments après leur retour en Espagne. On peut voir par la lettre du major général, du 5 juin, que les ordres de l’Empereur, loin d’être impératifs pour agir, étaient bien plutôt restrictifs, puisqu’il me recommandait de ne pas faire de mouvements importants avant d’avoir soixante pièces de canon attelées et approvisionnées. Je n’en avais que trente six; mon infanterie ne s’élevait pas au delà de vingt-cinq mille hommes; ma cavalerie n’était remontée qu’en partie; mais la confiance était revenue, l’esprit de l’armée était régénéré et le caractère de chacun était retrempé. M. le lieutenant-colonel Napier, dans son très-médiocre ouvrage sur les campagnes de la Péninsule, où l’erreur des faits et le défaut de sincérité le disputent à l’ignorance des règles élémentaires du métier, a donc eu tort de dire que le mouvement opéré dans le Midi par l’armée de Portugal, dont l’effet a été la délivrance de Radajoz, m’avait été ordonné. Le

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