‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 93 sur 268 · LIVRE XV. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — CORRESPONDANCE

mérite en appartient tout entier à moi seul, et le succès était indispensable, puisque cette marche avait été exécutée en opposition avec les instructions reçues.

Le mouvement sur Badajoz m’a paru le seul qui put sauver cette place. 11 était commandé par l’intérêt de la gloire de nos armes. J’ai eu la conviction que son exécution était possible, et je me suis décidé à l’entreprendre; le duc de Dalmatic le réclamait avec raison: j'ai entendu sa voix; et, quoique mes intérêts d’amour-propre fussent en jeu, je n’ai pas pensé un seul jour à le différer. J’ai été bien aise de saisir la première occasion de montrer que des considérations de cette nature ne doivent jamais intervenir quand il s’agit du bien de son propre pays et de sa gloire, exemple que, plus tard, j’ai reconnu avec douleur avoir donné en vain.

Je ne discuterai pas ici les ridicules proposisions du duc d’Istrie, consistant à occuper la tète de pont d’Almaraz sur le Tage, à placer une division à Bejar et à Banos, et à tenir le reste de l’armée réuni à Salamanque et Alba-sur-Tormès. Il était absurde de penser que de semblables dispositions, prises à soixante lieues de Badajoz, eussent pu ralentir d’un seul jour les opérations commencées contre cette place.

Mes combinaisons ont été telles, que les craintes

el les alarmes si vives du maréchal duc d’istrie sc sont changées complètement en confiance quand le mouvement s’exécuta, ainsi qu’on le voit en lisant sa lettre du 1" juin, où il me félicite de mes dispositions et de la résolution que j’ai prise et dont commence l’exécution.

Signé : Le maréchal duc de Raguse.

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