‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 105 sur 267 · LIVRE Xll · texte numérisé non relu

LIVRE Xll

campagne, après la bataille de Wagram, après les deux combats de Znaïm, quand l’armistice fut conclu, il me restait encore des munitions apportées deZara.

Pendant mon séjour à Laybach, le corps d’armée commandé par le général Giulay, et formant l’aile gauche de l'armée d'Italie, se porta sur Marbourg pour défendre la Drave, rivière large, rapide, qui présente de grands obstacles; et ce corps, renforcé de toutes les troupes qui, de la Croatie, s’étaient retirées devant moi, s’élevait alors à trente-cinq mille hommes.

La division Broussier, de l’armée d’Italie, avait reçu l’ordre de couvrir la grande armée de ce côté. A cet effet, elle occupait l’entrée des gorges voisines de Gratz, à travers lesquelles coule la Muhr. Ayant reçu l’ordre de chasser le général Giulay des positions qu’il occupait et de me rapprocher de la grande armée, je me mis en mouvement le 20 juin. J’allais me retrouver sur mon terrain et manœuvrer dans une province que j’avais parcourue dans tous les sens, quatre ans plus tôt, à la tête d’un autre corps d'armée.

Toute l’armée de Giulay était rassemblée à Marhourg. Passer la rivière de vive force sur ce point étant impraticable, je me contentai seulement de reconnaître l'ennemi et d’opérer une forte diversion pour lui cacher mon véritable point de passage.

Après avoir réuni mes troupes à Windisch-Feistriz, je marchai avec mon avant-garde sur Marbourg. Giulay passa la Drave et déploya scs forces en avant de la rivière. Lui livrer bataille dans cette position n’entrait pas dans mes projets. Si je le battais, je ne pouvais le poursuivre, la rivière et la ville étant là pour le protéger ; et, puisque j’avais à faire ma jonction avec une division de l’armée d’Italie, il était sage d’attendre qu’elle fût opérée "pour le combattre. Je manœuvrai donc devant l’ennemi, qui, de son côté, montrait de la prudence et même de la timidité. Mais, pendant ces démonstrations, je disposai tout pour me rendre, par une marche forcée, à Volkenmarkt, où il y a un pont sur la Drave. Ce pont avait été en partie brûlé, mais on pouvait assez promptement le réparer. Il fallait seulement y arriver avant l’ennemi et l'occuper pour pouvoir exécuter les travaux nécessaires.

Au moment où je montrais mes têtes de colonne entre Windisch-Feistriz et Marbourg, trois compagnies de voltigeure et cent ouvriers charpentiers, choisis dans les troupes, une compagnie de sapeurs et des olïiciers intelligents se mettaient en roule pour Volkenmarkt, en passant par Gonobitz, M iiidischgratz et Bleibcrg. Ils avaient l’ordre de marcher le plus rapidement possible et de prendre des voilures pour faciliter leurs transports. Quand ils eurent

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