LIVRE XII
• temps au général Broussier d’arriver pour le dégager.
Accablé par dix mille hommes, il s’était retranché dans le long faubourg de Gratz, du côté de la Hongrie, et jamais l’ennemi ne put l’y forcer. De fréquentes sorties déconcertèrent ses attaques; de nombreux prisonniers tombèrent entre ses mains, et les munitions de ces derniers lui servirent à combattre : deux drapeaux furent pris. Jamais fait d’armes comparable n’a brillé d’un pareil éclat. Après quatorze heures de combat, les troupes du général Broussier ayant paru, l’ennemi laissa la retraite libre au 84' régiment.
Ce régiment, un de ceux de mon corps d’armée de Hollande, acquit en cette circonstance une gloire dont je jouis beaucoup. L’Empereur le combla de récompenses, et fit inscrire sur son aigle, en lettres d’or ; « Un contre dix, » devise qu’il a conservée jusqu’au licenciement de l’armée, et dont il n’a cessé de se montrer digne.
Dans la journée du 26, toutes les troupes de Giulay prirent position à Gratz, appuyées au fort et à la rivière. Je rejoignis le même jour, au pont de Gôsting, le général Broussier avec mes troupes. Je disposai tout pour attaquer le 27; mais, l’ennemi ayant opéré sa retraite dans la nuit, nous trouvâmes, le matin, toutes ses positions évacuées. Il se retira en Hongrie, par la route de Gleisdorfel de Füretenfeld.