‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 114 sur 267 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

rester en position, qu’il était de bonne heure, et que, plus lard, je pourrais être plus nécessaire.

11 était onze heures du matin. Pendant que nous étions vainqueurs à la droite et au centre, notre gauche était fort maltraitée. Par la direction de notre nouvelle ligne de bataille, nous avions fait un changement de front partiel, l’aile droite cp avant. Il devint entier par la déroute de notre gauche.

Masséna était venu occuper Âdlerklau, laissant la division Boudel à Gross-Aspern pour la sûreté des ponts, et s’était place en seconde ligne, derrière les Saxons. L’ennemi, après avoir beaucoup renforcé sa droite, en ajoutant au corps de Hiller, que commandait le général Klenau, celui de Kolowrat se mit en mesure de faire, comme nous, un changement de front, l’aile droite en avant. Il descendit des hauteurs de Gerarsdorf, prit en flanc et aborda avec vigueur notre gauche; et les Saxons prirent la fuite d’une manière honteusè.

Le corps de Masséna étant écrasé et rejeté sur le Danube et sur les ponts, l’ennemi fut au moment d’y pénétrer. La circonstance était critique. L’Empereur ordonna à l’armée d’Italie de faire face à gauche, et la fit soutenir par cent pièces d’artillerie et la cavalerie de la garde, ainsi que par plusieurs divisions de cavalerie de réserve. Ce feu d’artillerie imposant arrêta l’ennemi. Macdonald, ayant reçu ordre de charger l’ennemi avec deux divisions, se

porta en avant, sous un feu épouvantable, avec une vigueur peu commune, et ne ce^sa, malgré les pertes qu’il éprouvait, de gagner du terrain. Enfin l’ennemi fut culbuté et mis en déroute. En ce moment, BcssièrCs, commandant la cavalerie, eut son cheval tué, et lui-même fut blessé.

Cette cavalerie de la garde, si nombreuse, si bonne, si à portée de compléter le succès, ne s’ébranla pas. Si elle eût chargé, on faisait vingt mille prisonniers. On accusa beaucoup, dans le temps, le général Walter; le général Nansouty ne parut pas non plus exempt de reproches. Bref, le moment fut manqué, et, en cas pareil, il ne se retrouve plus.

L’ennemi alors effectua sa retraite; la droite ne tint plus que pour donner le temps à la gauche d’arriver. Les trois quarts de ses forces prirent la direction de Korneubourg, et le reste celle de Nikolsbourg.

On peut tirer diverses conclusions de ce qui précède. D’abord l’archiduc a eu divers projets qui se sont succédé et ont contrarié l’exécution du dernier. Une bataille décisive a été son but, puisqu’il a renoncé à combattre partiellement l’armée française an moment où elle passait le fleuve, afin de l’empêcher de déboucher. On ne peut inellre en doute qu’il ait voulu livrer une bataille défetisive. puisqu’il s’est placé dans une position reconnue

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