‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 133 sur 267 · III · texte numérisé non relu

III

rapport avec le prince Jean Lichtenstein, en ce . moment commandant de rarmce. L’empereur François y consentit; il chargea le prince Jean d’aller écouter les propositions de Napoléon, et de les lui rapporter, sans lui donner aucun pouvoir pour signer. Le prince Jean, d’ailleurs brave soldat, mais homme d’un esprit peu étendu, ne put résister aux cajoleries dont Napoléon savait faire un emploi si habile: il se laissa décider à signer des arrangements provisoires dont la valeur ne devait être réelle qu'après l’approbation de son souverain. Mais à peine était-il parti pour se rendre à Holitsch, où était l’empereur François, Napoléon annonça la paix comme faite, et lit’tirer cent coujjs de canon. L’opinion publique la réclamait, et il n’était plus au pouvoir de l’empereur d’Autriche de s’y refuser; de façon que cette paix fut, pour ainsi dire, escamotée et faite par surprise.

C’est le 14 octobre que cet acte sans exemple eut lieu, et, le 15, je me mis en route pour Paris, où je n’avais pas paru depuis le couronnement, c'est-àdire depuis près de cinq ans. J’allai jeter un coup d’œil sur mes affaires, et me disposai à repartir promptement pour aller prendre le gouvernement des pays cédés par l’Autriche, et réunis à l’Istrie et à la Dalmatie. Ces diverses provinces composèrent un corps d’État appelé provinces illyriennes, sorte de réminiscence d’un grand, nom de l’antiquité. Je

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