‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 132 sur 267 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

l’armée, afin de pouvoir un jour me servir des connaissances que j’aurais acx]uises. Je fis donc une tournée fort intéressante. J’allai voir Presbourg et ses environs, le coure de la March. Je visitai le champ de bataille d’Austerlitz et la citadelle de Brunn, et je rentrai chez moi en revenant par Znaïm. Plus tard, je me rendis à Saint-Pôlten, position indiquée pour combattre en avant de Vienne, et je reconnus la rive gauche du Danube depuis Mœlk jusqu’à Krems.

Un armistice de deux mois avait rétabli complètement l’armée. Mon corps, renforcé de tous mes troisième et quatrième bataillons, et d’un grand nombre de recrues, était augmenté d’une belle cavalerie; mais la paix, alors d’accord avec la politique de l’Empereur, devait avoir lieu. Elle fut hâtée par l’attentat commis sur lui, et qu’un simple hasard et la présence d’esprit du général llapp firent échouer. Cet événement a été raconté par tout le monde, et je n’en dirai qu’un mot. 11 était le produit d’un fanatisme patriotique dont toutes les tètes de la jeunesse allemande étaient enflammées. Napoléon en fut très-effrayé, et on le tint secret alors, autant que possible.

Les négociations de la paix n’avançaient pas; Napoléon, comptant sur l’ascendant qu’il exerçait sur les chefs de l’armée autrichienne, imagina de demander à l’emperepr François de le mettre en

Page 1