‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 141 sur 267 · LIVRE XII. - COHRESPONUANC'E · texte numérisé non relu

LIVRE XII. - COHRESPONUANC'E

naissent trop les environs de Villach et de Tarvis, et pourraient s’échapper. Ce général me mande que Schmitlt, rentré par Sa.vemboiirg dans le Posterthaï, se réorganise, et que, renforcé par les troupes du chef de brigands Saint-Vert, et par un autre général nommé Pul, qui a douze cents hommes avec lui, il tentera de s’ouvrir un passage.

« Voilà, monsieur le duc, les renseignements qui sont à ma connaissance. .

« P. S. Je -prie Votre Excellence d’excuser si je me sers de ce papier, n’en trouvant pas d’autres. Je suis forcé, par le départ du petit bataillon qui escorte les prisonniers jusqu’à Laybach, de tenir deux portes de la place fermées. Je supplie Votre Excellence de les faire escorter de Laybach à Udine par les troupes de son armée, et donner les. ordres , que ce' bataillon me rentre.

« Je compte à cet égard sur scs bontés. »

LE M.VJOll GÉNÉRAL A MAIIMO.NT.

€ Schœnbrunii, le 15 juin i dis lieiircs du soir.

« L’Empereur, monsieur le général Marmont, reçoit la lettre que vous avez écrite au vice-roi en date du 1" juin, ce qui est vraisemblablement une erreur; car elle devrait être du 11. Les dates sont de la dernière importance. Sa Majesté espère que vous

VOUS serez mis aux trousses du général Chasteler, si vous avez pu le couper, et que vous l’aurez suivi pour l’empècher de se porter sur Gratz. Le vice-roi vous, a écrit pour rjue vous mainteniez la communication sur cette ville, et que vous vous portiez sur Marbourg et Pétau, et partout où serait l’ennemi. Vous pouvez môme, général, marcher sur Gratz. Cependant, éloignés comme nous le sommes, ceci est plutôt une direction générale qu’un ordre positif, et les circonstances doivent décider vos mouvements.

« Le vice-roi, avec la plus grande partie de son armée, est au milieu de la Hongrie, où partout il a forcé l’ennemi à la retraite. »

MAHMOXT AG rilINCE Dt NEGFCHATEL.

ff Cillex, 19 juin 1809.

« Monseigneur, j’ai reçu hier la lettre qtie Votre Altesse Sérénissime m’a fait l’honneur de m’écrire le 14 au soir. J’étais parti 1a veille de Laybach, ainsi que j’avais eu l’honneur devons en rendre compte. J’espère que je serai demain à Marhourg de bonne heure, si l’ennemi n’y est pas assez en force pour •mettre obstacle au passage de la Drave, chose que j’ignore encore; dans le cas contraire, je serai obligé de remonter cette rivière, ce qui retarderait mon arrivée de deux jours.

MVHK Xll. - C0RRESP0NÜA^CE. 287

« J’ai rencontré avant-hier les avant-postes du général Zach, qui est sur la route d’Agram, à ce qu’il parait, avec quatre ou cinq bataillons croates. Ces avant-postes ne s’étant pas retirés assez vite, une trentaine d’hommes ont été sabrés et pris.

« J'ose espérer que la lettre que j’ai eu l’honneur d’adresser à Votre Altesse Sérénissime le 16 me justifiera dans f esprit de Sa Majesté sur l’opimon ■ du défautd’activité qu’elle a conçue surmoncomj>te. J’ai été en mouvement quatre heures après que j’eus reçu la nouvelle de la présence du général Chasteler; mais, la route qu’il devait prendre étant incertaine, j'ai dû, avant de m’éloigner beaucoup de Laybach, attendre des renseignements sur lesquels j’avais droit de compter. Ce n’est pas le silence du général Rusca qui m’a induit en erreur, ce sont les fausses nouvelles qu’il m’a données une heure avant d’étre attaqué et bloqué.

« Permettez-moi de joindre à cette lettre une notice rapprochant les dates des événements et de mes mouvements.

« Je n’ai reçu qu’hier les deux lettres dont Sa Majesté m’a honoré, et les différents ordres et instructions que vous supposiez qui m’étaiçnt parvenus.

«Je n’ai reçu encore ni l’artillerie ni la cavalerie qui m’ont été annoncées. »

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LE MAJOU ÜÊNÊIÎAL A MAIiSIO.NT.

t Schœiibrunn. lo lil juin troU heures après muii.

i< J’ai mis sous les yeux de l’Empereur, monsieur le duc, votre lettre de Laybach du 10, par laquelle vous annoncez que le 17, à trois heures du matin, * vofls vous mettez en marche pour Gratz : Sa Majesté espère que vous serez arrivé le 10 ou le 20. Vous êtes autorisé à garder le général Broussier. L’intention de l’Empereur est que vous marchiez vivement sur Giulay et Chasteler, pour les battre et ensuite faire rendre la citadelle de Gratz. »

LE MAJOn GÉNÉRAL A MARMONT.

« Schænlirnnn, le 19 juin li'OO.

« Je vous ai envoyé plusieurs fois, monsieur le duc, l’ordre de marcher sur Gratz, et, à la distance où vous êtes, vous n’aviez pas besoin de cet ordre pour agir. L’Empereur trouve que vous avez commis une faute en laissant intercepter la communication avec Gratz, car, le 18, les avant-postes du général Broussier ont été attaqués : nous ignorons ce qui se sera passé. Toutefois, général, l’intention de l’Empereur est que vous marchiez sans délai sur Gratz et que vous culbutiez les corps de Giulay et de CliasLeler, qui y sont. Si le général Broussier est

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