LIVRE XII - CORRESPONDANCE
LE Gf.N'ERAL RUSCA A MARMONT.
a .Au quartier f;£néral de Klagenrurlli, le 12 juin 180!t.
« Monsieur le duc, le général Chasleler est parvenu à s’échapper, mais sans chanter victoire. Sept cents prisonniers, quinze officiers, dont un major, sont en notre pouvoir. Les environs de cette place ont été couverts de huit cents blessés ou morts. Le général Schmidt, avec trois mille hommes, ne doit son salut qu’à la fuite précipitée qui l’a rendu aux pénates tyroliens. Deux mille paysans se sont dispersés dans les bois, ayant jeté leurs armes, avec quinze cents de leur troupe de ligne. Le général Schmidt ne s’est pas arrêté un instant à Villach, et ne s’est cru en sûreté qu’au fort de Saxembourg, où s’est dirigée sa bande en pleinedcroute.il allait, dit-il, en pas.sant à Villach, prendre des renforts pour redescendre. Voilà, monsieur le duc, le résultat de la journée du 6, dans laquelle je ne pus disposer que de douze cents hommes pour ne pas exposer la place de Klagenfurth.
M Notre communication, par la route de Leoben, avec le quartier général n’a été interceptée que pendant quarante-huit heures. '
« Si j’avais reçu un renfort de trois à quatre mille hommes, la bande du Tyrol aurait été entièrement détruite.
MÉMOIRES DU DOC DE RACrSC.
«Ou remarque tous les joiirs des hommes égarés dans les bois depuis Klageufurlh jusqu’à Villacli.
« J’ai reçu la demande de Votre Excellence de deux cents chevaux de selle. J’en ai fait part à la régence, qui m’a répondu que, si l’on trouvait dans la province des chevaux propres à l’arme de la cavalerie, elle était portée à satisfaire aux désirs de Votre Excellence. Cette réponse ne m’a pas surpris, n’ayant pu moi-mèine en trouver une quinzaine pour l’escadron de chasseurs royaux qui ont été démontés.
O A l’égard des fourgons, il y en a eu huit disponibles sur les (luatre-vingt-seize que Son Altesse Im|>ériale le prince Eugène, général en chef de l’armée d'Italie, a requis à la province de la Carinthie. Le défaut d’ouvriers fait que, de longtemps, cette fourniture ne sera remplie, malgré mes sollicitations continuelles. Je m’empresserai de satishiire aux désirs de Votre Excellence à l’égard de ces dernière, lui faisant expédier les premiers terminés. Je la prie néanmoins de in’en faire donner l’ordre par le chef de l’état-major de l'année d’Italie.
«J’ai envoyé à Villach M. lé général Bertoletti, qui a ouvert la communication par Tarvis, Caporetto et Ponteba. Malgré cela, je coni|)te faire passer les prisonniers par Layhach, parce qu’ils con-