‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 144 sur 267 · LE MAJOR GÉNÉRAL A MARMONT · texte numérisé non relu

LE MAJOR GÉNÉRAL A MARMONT

t Sdi<rnbniiin, le ‘2.") juin 1>09, dix licures du tuir.

« L’Empereur, monsieur le général Marmont, espère que vous serez arrivé à Gratz aujourd’hui 25, que vous aurez altaqué l’ennemi avec le général Broussier, cl que vous l’aurez poureuivi pour le détruire.

« Le général Broussier a avec lui cinq ou six cents hommes qui appartiennent aux autres corps de l’armée d'Italie, quinze cent mille cartouches et la réserve de cavalerie de l’armée d’Italie. Sà Majesté me charge de vous faire connaître qu’elle désire que vous fassiez partir tout cela pour Bruck, <le là à Neustadt et de là à Vienne, ainsi que les munitions d'artillerie que l’on pourra se procurer indépendamment de ce qui appartient aux divisions qui sonl'à Gratz. — Inslruisez-inoi des ordres que vous donnerez à cet ell'et.

« Comme Sa Majesté espère recevoir dans la journée de demain, 20, des nouvelles sur votre situation, elle les attendra pour vous envoyer de nouveaux ordres, ce qui ne doit point cependant vous empêcher de prendre la forteresse et de faire du mal à l’ennemi. »

LIVUE XII. - CORRESPONDANCE.

M.MIMONT .U: l’niNCE DE NEI FCIIATEI- ’

« 27 juin 1809.

« Monseigneur, je viens de recevoir la lettre que Votre Altesse Sérénissime m’a fait l’honneur de m’écrire le 2o au soir.

« Un événement aussi étrange qu’imprévu m’a empéché d’arriver le 25 devant Gratz, ainsi que je vous l'avais annoncé : le général Montrichard, sans motif et sans prétexte, a trouvé convenable de ne pas marcher le 25; et, comme je l’attendais pour déboucher, mon mouvement a été d’abord suspendu, et j’ai éprouvé sur son compte les plus vives inquiétudes. De nombreux officiers que j’avais envoyés m’ont enfin appris qu’il était resté sur les montagnes de Pack. Je l’ai fait .partir dans la nuit, mais il était trop tard pour qu’il n’y eût pas un jour de perdu. Je profite de cette occasion pour supplier Votre Altesse Sérénissime d’obtenir de Sa Majesté le changement du général Montrichard; c’est la dixième fois qu’il compromet le sort de l’armée par sa conduite irréfléchie et son insouciance : c’est un (le ces hommes qui ne peuvent que causer des événements malheureux à la guerre. J’ai été au moment de lui (iter sa division et d’en donner le commandement provisoire au général Delzons; mais j’ai pensé qu’il était plus convenable d’attendre les or^ drcs de Sa Majesté.

' « Aussitôt que j’ai su que le général Broussier

s’était retiré de Gratz, je lui ai écrit pour l’engagcià y rentrer, à y laisser les troupes qui étaient nécessaires pour bloquer la citadelle, et à s’approcher <le l’cnnenii. Je l’ai prévenu que je comptais l’attaquer le 26 à Wildon, supposant que ses principales forces se trouvaient là. Le général Broussier, supposant que l’ennemi n’avait personne dans Gratz, se contenta d’envoyer deux bataillons du 84' régiment pour bloquer la citadelle et tenir les portes de la ville, et il marcha avec le reste de sa division sur Wildon, dans le voisinage duquel il me trouva avec la division Glausel. — Il me dit qu’il avait entendu une très-vive fusillade pendant la nuit, qui lui faisait penser que le 84' régiment était engagé d’une manière sérieuse, et il ajouta qu’il avait vu de nombreux bivacs sur la gauche de la Muhr.

« Je supposai alors que l’ennemi avait formé le projet de s’emparer de nos ponts, chose qui aurait été extrêmement fâcheuse pour nous, puisqu’elle nous aurait empêchés de passer la rivière et de communiquer avec Vienne. J’envoyai en conséquence le général Broussier en toute hâte pour garder le pont de Viesselburg et soutenir le 84'. — Apprenant plus tard que la chose était très-sérieuse et que le 84' régiment, qui avait rencontré de très-grandes forces ennemies à Gratz, était bloqué dans une partie du

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