‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 145 sur 267 · I.IVUE XII. - CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

I.IVUE XII. - CORRESPONDANCE

faubourg, je marchai avec la division Clausel pour soutenir la devision Broussier.

« Trois bataillons qu’envoya d’abord le général Broussier, culbutèrent tout ce qui se trouva d’ennemis, et le brave 84' régiment, qui pendant quatorze heures avait résisté seul à presque toute l’armée ennemie, et sans communication fait beaucoup de prisonniers, pris deux drapeaux, fut délivré. — Cetle affaire termina la journée.

« Il parait, d’après le rapport des prisonniers, que presque toute l’armée se trouve réunie à Gratz avec le général Giulay. Je vais l’attaquer ce matin, et j’espère le faire avec succès. Le général Broussier vient de me faire savoir que son intention n'était pas de marcher aujourd’hui; je ne puis supposer qu’il persiste dans cette résolution. Il récuse mon autorité, prétendant n’avoir rien reçu qui le mit à mes ordres. Comme par la circonstance, la nature des choses et le texte de vos lettres, il me parait qu’il s’y trouve, je vous prie, monseigneur, de lui faire connaître d’une manière formelle les ordres de Sa Majesté, afin qu’il s’y conforme sans tiraillements.

« La connaissance parfaite que j’ai du fort de Gratz m’autorise à vous assurer qu’il y a impossibilité absolue de le prendre sans gros canons, et je n’ai ici pas même des pièces de douze. »

NAPÜI.KOX A MAP.MONT

» <1 St'lhcnliruiin, le 28 juin, 1800.

neuf hcurc« du iirilin.

« Monsiour le duc de llaguse, le 27, vous n’éliez pas à Gralz. Vous avez fait la plus grande faute iiiililaire qu’un général puisse faire. Vous auriez dû y être le 2ô à minuit, ou le 2i au matin. Vous avez dix mille hommes à commander, et vous ne savez pas vous faire obéir; au fond, votre corps n’esi qu’une division. Je crois (pie Montrichard n’esi pas grand’chose; mais vous avez mauvaise grAcc ;'i vous plaindre. Que serait-ce si vous commandiez cqnt vingt mille hommes? D’ailleurs, une désobéissance formelle serait criminelle; c’est un malentendu, et comment peut-il y en avoir quand on n’a (pie dix mille hommes? Marmont,. vous avez les meilleurs corps de mon armée : je désire que vous soyez à une bataille que je veux donner, et vous im^ retardez de bien des jours. Il faut plus d’activité et plus de mouvement qu’il ne parait que vous vous eu donnez pour faire la guerre. — Vous aurez peutêtre, cnlin, battu aujourd’hui Giulay. Il est bien nécessaire que je puisse savoir à quoi m’en tenir, où vous êtes, et où se ralliera l’enuemi autour de Gratz. Il est important qu’il soit dispersé de manière qu’il ne puisse pas se réunir de bien des jours. »

LIVIU: Xn. — CORRESPOXDANCE.

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LE JIAJOH üE.NÉUAL a MAHMO.NT

« Schœnbruim, ic ‘28 juin 1800.

« J’ai mis, monsieur le général Marmont, voire lettre du 27 sous les yeux de l’Empereur. Sa Majesté ne comprend pas et n’approuve pas vos dispositions; vous deviez être le 24 à Gratz, et vous n’y êtes pas le 27. Sa Majesté me charge de vous dire que ce qui convient à la guerre est delà simplicité et de la sûreté, et la simplicité et la sûreté de vos mouvements voulaient que vous allassiez directement à (iratz ; là, vous vous seriez trouvé sur la droite de la Muhr, vous auriez eu des nouvelles de l’ennemi : c’est l’avantage des grandes villes; alors, le 20, vous auriez l>u prendre un parti convenable. Au lieu de cela, vous vous êtes porté sur Wildon, n’ayant pas la facilité de vous porter sur les deux rives de la Muhr, et vous avez perdu deux jours, ce qui nuit beaucoup aux projets de l’Empereur, en retardant l’instant de la grande bataille que Sa Majesté veut livrer à l’ennemi. Ouanl au général Montriebard, Sa Majesté n’en a pas une très-grande opinion; mais elle ne peut croire que, s’il avait eu des ordres positifs, il n’eût pas marché. Sa Majesté pense donc que les ordresont été mal donnés. Faites-moi connaître ce qui en est, car. si le général Montriebard n’a pas exécuté votre ordre. Sa .Majesté le fera traduire à un ex)iiscil de guerre.

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