LIVRE XII. — CÜRRESPONDAXCE
rélôignemcnt de rennemi et les nouveaux ordres (jui me sont annoncés, je ne devais pas marcher sur (iuas, où d’ailleurs sans doute je ne trouverais plus personne: car, puisque l’ennemi n’a pas vonlu me combattre à Gratz, où toutes les circonstances locales étaient à son avantage, il ne le fera nulle part. — Mais, pour me mettre à même de l’attaquer, s’il se rapproche dans sa marche, et, dans tous les cas, pour lui fermer le chemin de Vienne, j’ai cru devoir marcher parallèlement à lui, et je me rends ce soir à Gleinderford, qu’il occupe déjà depuis hier, ou je pourrai aller chasser l’ennemi de Feldhach, s’il y est encore, et, dans tous les cas, voir ce (pii se passe sur les bords du Raid. Aussitôt que le mouvement de rennemi sera plus décidé et (pie j’aurai la nouvelle que Guas a été évacué, je donnerai l’ordre à la division du général Droiissierdese porter sur Neustadt, ainsi que vous me le prescrive'/. En attendant, je la laisse à Gratz. C’est Sans doute par erreur que le général Broiissier a rendu compte qu’il existait quinze cent mille cartouches dans le parc de réserve de l’aile droite de l’armée d’Italie. 11 n’y a dans ce dép()t de munitions, y compris celui de sa division, que cent quatre-vingt mille cartouches.
« Je puis affirmera Votre Altesse Sérénissime qu’il n’y a aucune espérance d’avoir le château de Gratz, si on ne l’assiège sérieusement. J’ai ordonné des
travaux, des mines; j’ai envoyé chercher quatre pièces de gros calibre à Laybach ; mais il faut du temps pour en obtenir les effets. J’ai également fait demander de la poudre qui me manque. Le commandant du fort paraît un homme très-déterminé à se défendre et au-dessus de toute considération; car, ce qui est sans exemple, il canonne et fusille constamment les maisons, places et rues; et les habitants en sont encore plus victimes que les soldats. Il y en a déjà eu un certain nombre de tués et blessés; mais, quant à nous, il nous gène beaucoup par la grande quantité d’obstacles qu’il met à nos communications. Je laisse, pour commencer les travaux du siège, deux bons ingénieurs de mon corps d’armée avec une compagnie de sapeurs.
« Votre Altesse Sérénissime me donne l’ordre d’envoyer deux compagnies d’artillerie à pied à >’eustadl. Je la prie de me dire si je dois aussi y envoyer mon matériel, car il ne me restera plus personne pour le servir. J’ai trouvé le moyen d’organiser dix-sept bouches à feu, et six m'arriveront d'Italie dans deux ou trois jours. Les compagnies de canonniers que j’ai sont insuffisantes pour le service de ces bouches à feu, d’autant plus qu’elles fournissent un détachement de cent vingt hommes pour la conservation, la garde et la conduite des munitions portées par des chevaux de bât, seul moyen de transport que nous ayons encore aujourd'hui et