‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 146 sur 267 · OS · texte numérisé non relu

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« L’Empereur suppose qu’aujourd'hui vous serez maître de Gratz, que vous aurez suivi le général Giulay. Il est probable que, si vous avez une affaire, le fort de Gratz se rendra. Toutefois, général, l’intention de l’Empereur n’esl pas que vous vous éloigniez en poursuivant l’ennemi, et vous devez vous mettre en mesure d’attendre ses ordres. Quand l’Empereur saura comment les choses se sont passées, son projet est de vous donner l’ordre de vous reployer à grandes journées sur Vienne.

« Ce n’est pas la réserve de cavalerie que je vous avais demandée, c'est la réserve d’artillerie que le général Broussier avait dit avoir, et qui portait quinze cent mille cartouches d’infanterie. Faites filer de suite sur Vienne cette réserve de munitions, et faites partir également sur-le-champ, pour Vienne, deux compagnies du 8' régiment d’artillerie à pied; faites-leur faire de grandes journées.

« Aussitôt que vous n’aurez plus absolument besoin du général Broussier et de ses troupes, envoyez-le sur Neustadt, route de Vienne. Si cependant les événements de la journée d’aujourd’hui vous avaient conduit à cinq ou six lieues sur la route de la Hongrie, et que le général Broussier fût plus près d’OEdenbourg, vous le dirigeriez sur cette ville et m’en préviendriez.

« Sa Majesté trouve que vous avez manœuvré de '

manière à donner tout l’avantage sur vous à l’en-

MVnii: XII. — COURESPONDAX’CE. 2!t7

nemi. Vous deviez être à Gralz avant lui, et, comme vous n'avez qu’un petit corps, y arriver le 23 : telle est l’opinion de Sa Majesté. »

(Par du|iUcala.)

MAHMONT A NAPOLÉON.

« ür.iU, 09 juin 1809

« Sire, je suis coupable puisque Votre Majesté me condamne; mais, si de faux calculs' m’ont trompé, je n’ai pas un seul moment été distrait de mon devoir, et mon ardeur n’a pas été un instant ralentie. Je puis assurer Votre Majesté que nous n’avons jamais marché moins de dix à douze heures par jour.

« Sire, Votre Majesté, en m’adressant ses reproches, pénètre en même temps mon cœur de reconnaissance pour la bonté avec laquelle ils sont exprimés. Ils ajoutent, s’il est possible, aux regrets que j’éprouve d’avoir eu le malheur de lui déplaire. Je payerai volontiers au prix de tout mon sang le bonheur de vous satisfaire à l’avenir. »

MAIlilONT AL MAJOU GÉNÉRAL.

t Gralz. 29 juin 1809.

« Monseigneur, je reçois la lettre que Votre .Vitesse Sérénissime m’a fait l’honneur de m’écrire hier 28. — Peut-être qu’un jour Sa Majesté jugera

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mes opérations avec moins de sévérité, et il n’y a rien que je ne fasse pour l’obtenir. Je vous supplie, eu attendant, de lui faire assurer que l’enneinî était à deux marches de Gralz, lorsque j’en étais à six, et qu’ainsi il était toujours le maître d’y arriver avant moi; et que, de plus, j’avais des ponts à rétablir, dont le travail a exigé près de vingt-quatre heures.

« J’ai eu l’honneur de vous rendre compte de notre entrée à Gratz, le "27. Je comptais marcher sur l’ennemi, le "28, avec mes forces réunies; mais, l’ennemi ayant pris dilférentes directions et ignolant dequel côté étaientlesprincipales forces, je l’ai fait suivre par de fortes avant-gardes, jusqu’à six ou sept lieues d’ici, pour avoir des nouvelles certaines. 11 résulte des renseignements qui m’ont été donnés que l’ennemi, ayant marché toute la nui^ du "20 au "27 et toute la journée du "27, est arrivé le soir à Gnas : il y était encore le "28, mais il paraissait disposé à en partir. Des troupes, commandées par le général Zagh, se sont retirées j»ar Saint- Georges, et le général Kursurich s’est porté sui- Feldhach. Le général Ginlay était de sa personne à Guas. Le bruit, généralement répandu parmi les habitants et parmi les troupes, est que l’ennemi se porte en Hongrie, et que, de Guas et Feldhach, il doit sortir sur Furing et Saint-Gothard; il est également annoncé à Fuistenfeld. J’ai pensé que, vu

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