‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 162 sur 267 · LIVRE XII. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XII. — CORRESPONDANCE

corps d’armée par division, à une ou deux lieues de distance. Vous commencerez demain votre mouvement; faites-moi connaître l’itinéraire de votre marche. »

l.K ilAKÉCIlAL MARMONT AL' PRINCE DE NELFCHATEL

« 14 juillet 1809.

« Monseigneur, quoique mes rapports journaliers vous aient fait connaître dans le plus grand détail les événements qui viennent d’avoir lieu, je crois de mon devoir de vous rendre un compte qui en présente l’ensemble.

« Le 7, je reçus l’ordre de me porter en avant avec mon corps d’armée, augmenté de la division bavaroise et de la cavalerie légère du général Montbrun, pour marcher à la recherche de l’ennemi par la route de Nikolsbourg. Arrivé à Wûllersdorf, j’y acquis la certitude que très-peu de troupes ennemies y avaient passé, et qu’au contraire la masse de ses forces était dirigée sur Znaïm. Je me mis en marche pour me porter sur cette ville, à une lieue et demie de laquelle j’arrivai le 10, à onze heures du matin. Tous les rapports qui m’avaient été faits s’accordaient à m’annoncer que l’armée ennemie avait dépassé cette ville, et que je n’y trouverais plus qu’une arrière-garde.

<c Je vis bientôt paraître, sur les hauteurs qui

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couvrent le bassin de Znaïm, six à sept mille hommes d’infiinterie qui voulaient m’en disputer la possession. Je les fis immédiatement attaquer par la division Clausel, soutenue par la division bavaroise, ayant en réserve la division Claparède.

« Le 8' régiment d’infanterie légère, soutenu du 25', chargea avec tant de vigueur et de confiance l’ennemi, que, dans peu d’instants, il fut forcé à la retraite. Le général Delzons conduisait cette charge avec son habileté ordinaire. La cavalerie du général Montbrun culbuta toute la cavalerie ennemie qui était sur la gauche, et nous arrivâmes bientôt sur les bords du ravin qui borde la plaine.

« J’aperçus alors bien distinctement dix à douze mille hommes de troupes autrichiennes dans le bassin, et un corps de vingt à vingt-cinq mille sur la rive droite de la Taya, qui n’avait pas eu le temps de passer cette rivière. Déjà différents indices me faisaient soupçonner le voisinage du maréchal Masséna par la route de Stokerau.

« Je pensai que la fortune m'offrait la plus belle occasion possible, et que je pouvais détruire l’armée ennemie en battant ce que j’avais devant moi, en coupant les ponts, et livrant tout ce qui était de l’autre côté de la rivière au maréchal Masséna.

« Je fis mes dispositions d’attaque; mais, avant de les faire exécuter, je crus utile de bien faire éclairer ma droite, et j’ordonnai un mouvement

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