LIVRE XII. — CORRESPOND.VNCE. ô'r
otTeusif à la cavalerie du général Monlhrun. Ce mouvement nous découvrit prés de quarante mille hommes de l’armée ennemie, avec tout le parc d’artillerie qui était en avant de Znaïm. La présence d'une force aussi considérable me fit renoncer à attaquer l’ennemi; mais, fort de l’opinion qui soutient les armées victorieuses, assuré de l’ignorance de l’ennemi sur mes véritables forces, je pris avec sécurité position sur les bords du ravin. Je fis retrancher deux fermes qui servaient d’appui à ma droite, couvraient ma cavalerie, et j’occupai le village de Tisevich, qui était en avant de mon front et me donnait action sur les j>onts de la Taxa, et je fis garnir d’une nombreuse artillerie toutes les hauteurs.
« L’ennemi voulut bientôt nous faire évacuer le village, et l’attaqua avec beaucoup de vigueur. Il fut défendu avec opiniâtreté par le général bavarois Becker, commandant la deuxième brigade. Mais, après un certain temps, de nouveaux secours lui furent né»- C(^ssaires pour conserver une partie du village dont l’autre lui avait été prise par l’ennemi. Le combat se soutint avec des alternatives de revers et de succès, et la moitié du village fut prise et reprise trois fois de suite; mais la fortune fut fixée quand le 81' régiment marcha au secours du général Becker.
« Je dois beaucoup d’éloges à la manière vigoureuse dont ce général s’est conduit, et je dois beau-
coup de louanges au colonel Bonté à la défense qu’il a faite pendant ces événements.
« L’ennemi, après de fréquentes charges sur le village, SC trouvant en désordre, j’ordonnai au général comte, Preiken, qui commande les chevaux bavarois, de déboucher et de charger l’ennemi. Cette charge, faite avec beaucoup de vigueur, eut pour résultat ce que je devais en attendre, et l’ennemi perdit un bon nombre de prisonniers.
« L’ennemi dirigea plusieurs colonnes sur d’autres points de ma ligue, mais sans sua-ès; et, après un combat de neuf beurcs, nous restAmes maîtres des positions dont nous nous étions emparés.
« Le lendemain, l’ennemi se disposa à la retraite. Lorsque je vis déboucher sur les bords de la Taya l’avant-garde du maréchal Masséna, je me portai en toute hAte sur les flancs de l’armée ennemie, espérant pouvoir l’entraver dans son mouvement. La disproportion de mes forces avec celles de l’ennemi m’obligeait à attendre que, d’un côté, le corps du maréchal Masséna eût fait des |)rogrès, et que, de l’autre, celui du maréchal Davoust fût en liaison avec moi. L’ennemi, qui s’aperçut de mon projet, vint m’attaquer, et il en résulta un combat où l’ennemi, malgré les avantages du uoiubre, ne put nous faire céder le terrain. Mais Votre Altesse Sérénissime en est aussi bien instruite que moi, puisqu’elle y a assisté sur le soir.