LIVRE XIII. — 1809-181U. 3UI
tes; les revenus ne pouvaient pas s’élever pendant l’année 1810, en raison des pertes occasionnées par la guerre, à plus de cinq millions; et nos dépenses, en y comprenant les troupes françaises destinées à y rester, et dont la force avait été fixée à vingtquatre bataillons et douze escadrons, devait s’élever à dix-neuf millions. Diverses annüiorations pouvaient faire espérer de porter ces revenus de douze à quatorze millions pour les années suivantes; mais il devait toujours rester un déficit, qui, dans ce cas, serait réduit à cinq millions. Nous’ avions, comme ressources extraordinaires, les domaines de la Carniole, dont l’étendue formait le cinquième de la province, les riches mines de mercure d'Idria, et celles de plomb de la Carintliie. Mais, d’un côté, les biens se composaient en partie ’ de droits féodaux dont la suppression était posée en principe, et l’on ne pouvait pas vendre un objet dont la valeur était au moment d’être réduite. D’ailleurs, l’Empereur disposa de ces biens pour en faire des dotations, ainsi que des mines dcBleiberg; et, quant tà celles d’Idria, il les prit pour doter l’ordre des Trois-Toisons, dont il avait décrété la fondation en mémoire de la conquête de Vienne, répétée deux fois, et de celle de Madrid. Ainsi nous étions réduits aux plus minces ressources. Nos embarras étaient encore augmentés par la présence • du papier-monnaie, laissé par les Autrichiens, et
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(le la monnaie de cuivre, dont noiis étions inondés. L’Istrie, la Dalmatie, Raguse et Cattaro s’en trouvaient exemptées, ce. qui compliquait notre position. On ne pouvait brus(piement mettre hors de la circulation le papier-monnaie, parce (|ue l’argent était rare et insuffisant pour servir aux moyens d’échange. Afin de rapprocher le moment où l’on pourrait s’en passer et accélérer le retour de la monnaie clTective, j’établis la valeur du florin en papier beaucoup au-dessous du coui's de Vienne, soit pour les échanges de particulier à particulier, soit pour le payement dans les (laisses publiques. Chacun s’empr(»sa d’envoyer son papier à Vienne et d’en faire venir de l’argent, et, dès le mois de mars 1810, je pus pri'udre un arrêté qui le mettait hors de cours.
Nous fixâmes aussi, par un tarif, la valeur des monnaies de cuivre et de billon; mais, l’évaluation ayant été mal faite, et les monnaies arrivant d’Autriche chez nous, il fallut faire un nouveau tarif pour les maintenir à leur juste valeur.
Tous les tribunaux des provinces illyriennes, la Dalmatie et l’Istrie exceptées, ressorlissaient autrefois du tribunal d’appel de Vienne. Depuis la séparation et jusqu’à l’organisation de l’ordre judiciaire, il y eut suspension de justice, ce qui fut une * grande calamité. Tout était dans le chaos, et la confusion s’augmentait encore par les exigences de