‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 185 sur 267 · UVRE XIII · texte numérisé non relu

UVRE XIII

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ici celte petite campagne, parce qu’elle concerne les Croates, dont je viens de parler si longuement. Mais cette courte expédition n’eut lieu qu’au commencement du printemps. Un mouvement de troupes au milieu de l’hiver, dans des pays difficiles et pauvres, dépourvus de moyens de cantonnement, aurait été trop pénible. Mes réclamations auprès du pacha furent faites immédiatement; mais la réunion des troupes, les menaces et l’exécution n’eurent lieu qu’au mois de mai.

Une partie de l’hiver fut employée à prendre connaissance de l’administration, à décider tout ce qui pouvait être réglé. Je ne trouvais aucun concours utile dans la personne de M. d’Auchy; au contraire, .ses prétentions et son extrême nullité multiplièrent les obstacles. Cependant je parvins à exécuter diverses choses utiles. Après avoir pourvu aux premiers besoins de l’administration, je m’occupai <l’une opération urgente, résultant de la séparation de ces provinces avec l’Autriche, c’est-à-dire dû tarif de douanes. Un comité d’hommes experts en cette matière fut chargé de faire un projet d’après les bases suivantes :

1° Etablir, à l’entrée des provinces illyriennes, des droits assez forts pour donner le plus de revenus possible, et assez faibles pour que la contrebande n’y soit pas encouragée. Cette dernière considération était d’une grande importance, vu l’immen.se

3f.() MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

dévolo|)pement et l’ctendue du contour dos provinces, comparé à leur surface et à leur richesse.

‘2° Favoriser d’abord l’industrie propre des provinces illyriennes, ensuite celle de la France, puis «die du royaume d’Italie, et enfin celle du royaume de Naples.

7t° Ktablir un droit de transit pour les marchandises entrant en Autriche ou en sortant, dont Vienne est le lieu de consommation présumé ou le point de départ, et le calculer de manière à ce qu’il ne puisse pas élever le prix des marchandises assez pour faire prendre au commerce une autre direction.

4" Augmenter le droit de transit, pour les objets manufacturés en Autriche, en raison du voisinage des provinces illyriennes, et, par conséquent, de la dépendance dont ils étaient de nos cx)mmunicatioiis, mais sans courir risque de les repousser.

J’envoyai le projet du tarif, avec l’indication des bases ci-dessus, au consul de France à Trieste, M. Maurice Séguier, un des hommes les plus distingués, les plus instruits, les plus spirituels et les plus agréables que j’aie jamais connus. Il communiqua ce travail aux négociants les plus éclairés, et nous parvînmes à faire assez promptement et avec succès ce travail, très-difficile de sa nature.

Je pris connaissance des ressources sur les(|uelles on pouvait compter; les résultats étaient fort tris-

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