LE MARÉCHAL MARMOXT A D’AUCHY
« •"janvier 1810.
« Monsieur l’intendant général, depuis six semaines (pie j’ai rejoint l'armée, il ne m’a pas été
difficile de démêler vos sentiments et de remarquer votre conduite. Mais j’espérais que de bonnes manières, et les égards particuliers que je vous ai montrés suffiraient pour vous ramener à des idées plus saines. Puisque le contraire est arrivé, je dois avoir une exjilication avec vous.
« 11 est possible que vous ayez raison de vous plaindre de votre destination, de vous trouver employé d’une manière inférieure à vos droits et à vos talents; mais, quelle que soit votre position personnelle, elle ne vous permet pas de vous exprimer sur le compte de l’armée française comme vous le faites dans vos conversations habituelles : le texte de tous vos discours est l’injustice et l’arbitraire des militaires, et vos passions vous emportent au point de ne pas voir que vous scandalisez ceux mômes que vous croyez qui y applaudissent.
« Où sont les actes arbitraires? Où soni les injustices? L’armée française ne mérite que des éloges, et mon corps d’armée, en particulier, est un modèle d’ordre, de discipline et de subordination, comme les généraux qui la commandent sont l’exemple de l’honneur et de la délicatesse. S'il y avait des abus, c’est moi que vous devriez en entretenir, et non de nouveaux sujets de l’Empereur, dont l’opinion n’est pas encore fixée, et que, sans doute, vous n’engagez pas ainsi à nous aimer.
« Croyez-vous donc bien servir l’Empereur 'en