‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 209 sur 267 · III. SR · texte numérisé non relu

III. SR

affaire est étrangère au Grand Seigneur, puisqu’il a donné deux firmans pour rétablir la paix de la frontière et nous rendre le terrain usurpé.

« Cette affaire n’est pas celle du vizir, car il n'a cessé de donner des ordres, des exhortations, et de faire des menaces. Enfin, elle n’est pas celle de la province; car je sais, à n’en pouvoir douter, que toute la Bosnie s’est constamment prononcée contre cette usurpation, et que, en dernier lieu, les cinquante principaux personnages de cette province venus en députation ont mis tout en usage pour nous faire rendre justice.

« C’est donc une affaire qui regarde deux misérables insensés, et quelques brigands qui se croient invincibles, parce qu’il y a un an ils ont massacré des vieillards et des enfants.

« Je pense donc, monsieur le duc, qu’il n’y a pas à balancer, et que je dois rétablir l’ordre par la force; et, quoique cette disposition soit contraire au texte de mes instructions, cette circonstance me parait être une de celles où, vu l’éloignement, un général investi de la confiance de son souverain ne doit pas craindre d’engager sa responsabilité. En conséquence, je vais me porter avec tous mes moyens réunis devant le régiment d’Ottochatz, faire rétablir les redoutes, corps de garde retranchés, et la ligne des postes, qui doivent mettre à l’abri ce régiment, et, s’il le faut, brûler quelques villages

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