LIVRE XIII — CORRESPONDANCE
pour obtenir de Roustan-Bey la promesse qu’il ne troublera plus la frontière. Mes forces sont tellement considérables, que non-seulement il ne peut pas y avoir de résistance, mais à peine l’apparence d’un combat.
« Je suis disposé à croire que, lorsqu’il me verra bien décidé à user de rigueur envers lui, il me dispensera de le faire en me dontiant toutes les garanties que je pourrai désirer, et qu’il fera évacuer Czettin. S’il n’en avait pas la puissance, après avoir rétabli les postes retranchés sur cette position de la frontière, j’en serais quitte pour bloquer ce fort, qui, après peu de jours, se rendra, faute de subsistance.
« Enfin, il est évident que l’intention de l’Empepeur est que je me défende, et que je prévienne de nouveaux envahissements. Or le moyen que je vais prendre est le seul qui puisse conserver au régiment de Licca le pays dans la possession duquel il est rentré, et terminer une petite guerre sur tout le développement de notre frontière, qui, en continuant davantage, prendrait chaque jour plus d<* consistance. »
LE MARÉCHAL MARMONT Aü MINISTRE DE LA GUERRK
• Zlcim, 9 mai 1810.
« Monsieur le duc, j’aieul'honneurde vous rendre
404 MÉMOinES DU DUC DE RAGUSE.
compte des motifs qui m’ont déterminé à employer les moyens de rigueur pour forcer les Turcs à restituer le territoire envahi.
« J’ai voulu auparavant tenter encore auprès du capitaine de Bihacz des moyens de conciliation, mais tous mes efforts ont été sans succès. Le 5, il attaqua mes postes. 11 y eut de part et d’autre un homme de tué et quelques blessés. Voulant mettre un terme à tant d’extravagance, j’ai marché sur lui le tî. Comme plusieurs assez grands villages dépendent de lui, il avait réuni environ douze cents hommes d’infanterie, huit cents cavaliers, et huit pièces de canon.
« Nous avons dispersé cette foule en un moment, tué cinquante hommes, et pris ses huit pièces. Je n’ai eu qu’un seul homme tué, et neuf blessés. Le village d’Isachich, qui était un des principaux repaires de ces brigands, a été incendié, ainsi que le village de Glokot, qui appartenait à un des hommes les plus influents du parti du capitaine de Bihacz.
« Cet acte de sévérité a produit l’effet que j’en attendais, et a répandu une grande terreur. Je me suis porté ensuite sur la ville de Bihacz, qui est fortifiée, et, après avoir placé devant cette ville quatre obusiers et quatre mortiers, j’ai écrit, non au capitaine, mais aux capitaines principaux, tous de cette ville, pour leur demander s’ils ne voulaient pas enfin renoncer aux droits qu’ils s’étaient ar-
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