‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 211 sur 267 · LIVRE XIII. — CORRESPONDANCE. 40ri · texte numérisé non relu

LIVRE XIII. — CORRESPONDANCE. 40ri

rogés (l’insulter notre territoire, et de piller les Croates. Ils se sont rendus devant moi pour m’exprimer les regrets du passé, et promettre de ne jamais donner aucun sujet de plainte. Ils ont signé cette promesse en renonçant, s’ils y manquaient, à leur place, au payement de leurs émoluments, et ils ont imploré ma clémence. J’envoie cette promesse au pacha, qui est un tuteur fort important. Cette leçon, et la garantie qu’ils m’ont donnée, me paraissent suffisantes pour assurer la tranquillité. Je me suis retiré, et je crois pouvoir assurer Votre Excellence que de longtemps la tranquillité de cette partie de la frontière ne sera troublée par les habitants.

« Les régiments d’Ottochatz et d’Ogulim ont recouvré toutes les terres qu’ils avaient perdues. Des quatre régiments qui avaient été envahis, il ne reste plus que le territoire de Czetlin, qui fait partie du régiment de Zleim. Ilassan-.Aga de Pekey, qui le commande, n’était pas sous les ordres du capitaine de Bihacz. Ce qui le regarde n’est pas encore terminé, mais je suppose qu’il est dans une grande terreur. Je me rendrai chez lui, afin de le forcer également à la restitution.

« Une chose qui m’a prouvé que je ne m’étais pas trompé sur l’esprit de la province, c’est qu’il n’est pas venu au secours du capitaine de Bihacz un seul homme étranger à son territoire. Ainsi le vizir sera

content de la punition infligée à ceux qui ont méprisé ses ordres. Les grands de la Bosnie le seront également, parce qu’ils ont vu leurs conseils méprisés, et les capitaines voisins se loueront beaucoup de n’avoir pas trempé dans tous ces brigandages. Enfin, je ne puis exprimer le bonheur des Croates.

« Je saisis cette circonstance pour répéter à Votre Excellence combien je suis satisfait de l’esprit qui règne parmi les Croates; Je puis vous assurer que personne n’y pense plus à l’Autriche, et que les Croates éprouvent un juste sentiment d'orgueil d’appartenir à Sa Majesté.

« Je ne doute pas qu’avec quelques mois de soins je ne parvienne à en faire des troupes meilleures que toutes celles qui ne sont pas françaises. Plus je les vois, plus je m’en convaincs, et plus je suis persuadé que cette armée croate est ce que les provinces illyriennes renferment de plus précieux. »

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