I.IVIIE XIV. - CORRESPONDANCE
« Je suis occupé à faire en détail l’inspection dé la Croatie militaire; j’ai lieu d’étre satisfait de l’esprit qui règne parmi ce peuple soldat, qui apprécie, comme il le doit, le bonheur de vous appartenir. Je crois pouvoir assurer Votre Majesté que, si elle daigne continuer à ce peuple son organisation complète, où tout a été prévu et calculé de la manière la plus admirable, et qui est un chef-d’œuvre sous quelque rapport qu’on l’envisage, soit pour votre service, soit pour la tranquillité du pays, soit pour le bien-être de cette population et les progrès de la eivilisation, j’en formerai en peu de temps une armée digne de Votre Majesté, et qui combattra avec honneur et gloire dans les rangs de l’armée française.
« L’esprit militaire de ce peuple est tellement . établi, et tellement maintenu par son organisation, (jue les bataillons de campagne, quoique toujours dispersés dans les familles, sont comparables, et par leur instruction, et pour leur caractère belli- ' queux, et pour fout ce qui distingue les bons soldais, aux plus belles et aux meilleures troupes de ligne.
« Votre Majesté ne doit pas considérer la Croatie militaire comme une province, mais comme un camp, et sa population comme une armée qui la servira fidèlement, et sera toujoui-s prête à donner jusqu’à son dernier homme pour elle. »
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LE MAIIÉCIIAL MAl'.MO.NT A NAPOLÉON.
« U'iybach, le 15 octobre 1810
« Sire, je reçois la lettre que Votre Majesté m’a fait l’honneur de m’éçrire le 0 octobre, relative aux bâtiments ottomans. Je supplie Votre Majesté de me permettre de l’assurer de la manière la plus solennelle que ce n’est point par ma propre volonté que ces bâtiments ont été relâchés. M. d’Auchy m’a prévenu verbalement qu’il donnait l’ordre de les relâcher sous caution, motivé sur ce que la valeur de ces bâtiments se trouvait, par la Turquie, entre ses mains, et que le Trésor public y gagnerait la dépense de l’entretien des équipages, et je n’y ai pas mis obstacle.
« J’ai eu sans doute grand tort d’y consentir, puisque Votre Majesté me blâme; mais je n’ai pas eu celui de le vouloir ni de l’ordonner. M. d’Auchy n’a pas un mot de moi qui puisse me faire partager sa responsabilité sur cette affaire, tandis que les ordres donnés au directeur central des douanes sont de lui, et en son nom. Votre Majesté pourra s’en assurer par la copie de sa lettre, qui est ci-jointe.
« Si Votre Majesté daigne réfléchir à la nature des relations qui existaient entre M. d’Auchy et moi, elle sera bien convaincue que, si pareille disposition avait été prise contre son avis, il aurait exigé de moi une lettre que je n’aurais pu lui refu-