‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 248 sur 267 · LIVRE XIV. - CORRESPONÜANCE. iOI · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. - CORRESPONÜANCE. iOI

« Je ne tarirais pas si je voulais entrer dans tous lesdétails de ce qu’a de bon et d’utile l’organisation des régiments croates; mais je terminerai cette lettre, peut-être déjà trop longue, en déclarant que le peuple croate est déjà, au delà de mes espérances, dévoué à Sa Majesté, et que je prends l’engagement, en conservant son organisation actuelle, de le faire combattre pour son service tant qu’elle le voudra, avec fidélité; d’en faire, en peu de temps, des troupes meilleures que les meilleures troupes allemandes; tandis qu’au contraire il me parait évi- <lent qu’en détruisant une partie de son organisation on Qompromettra l’autre, et qu’on risque de voir ce peuple changer d’esprit. Alors une portion émigrerait, et il faudrait combattre l'autre à la première apparence de guerre au lieu d'en tirer des secours.

« Telles sont, monsieur le duc, les; observations <iue ma conscience et mon amour pour les intérêts de Sa Majesté m’ont dictées. Je vous demande avec instance de les prendre en considération; je crois pouvoir vous assurer qu’elles en méritent la peine.

« Je vous fais également la prière de me faire connaître les points qui présentent des diflicultés. Je crois pouvoir les résoudre toutes. Si les officiers croates n’ont rien dit au changement proposé, l’explication s'en trouve dans leur ignorance de la lan-

MEMOIIIES DU DUC DE RAGLISE.

gue française et leur timidité, car les vérités que je viens d’établir et leurs conséquences n’ont pas dû échapper à ceux d’entre eux qui y ont le moins réfléchi’.

« V. S. Les (’roates ont tellement horreur d’un changement d’organisation, que le seul moyen que les Autrichiens aient employé avec quelque succès pour les agiter »été de publier qu’on allait changer leur régime. Cette opinion, qui s’était répandue un instant, a fait émigrer plus de cent familles; et le plus léger changement donnerait à ces bruits beaucoup de crédit, tandis que je n’ai négligé aucun moyen pour Içs détruire. »

l.K MAU CHAL MARMOST A NAnU.KO.N.

«ORiiiin, le O septembre 1810

« Sire, je viens de recevoir une lettre du ministre de la guerre, qui m’annonce les dispositions bienveillantes que Votre Majesté a daigné prendre à mon égard; permettez-moi de mettre à vos pieds, Sire, l’hommage de ma reconnaissance.

c< L’augmentation de traitement que Votre Majesté a bien voulu m’accorder n’ajoutera ni à mon zèle pour son service ni à mon amour pour mes devoirs, car mon dévouement et mon zèle sont sans bornes: mais il me facilitera les moyens de les remplir.

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