‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 39 sur 267 · LIVRE X. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE X. — CORRESPONDANCE

alliés, et vous êtes autorisé à leur fournir ce que vous pourrez en cartouches, poudres, canons, etc., s’ils vous le demandent.

« Un ambassadeur de Perse et un de Constantinople se rendent à Varsovie, et, quand vous recevrez cette lettre, ils seront déjà arrivés à Vienne. Ces deux grands empires sont de cœur attachés à la France, parce que la France seule peut les soutenir contre les entreprises ambitieuses des Russes. Dans cette grande circonstance, les Anglais hésitent et paraissent vouloir rester en paix avec la Porte. Cette dernière puissance s’est servie pour cela de la menace de transporter quarante mille hommes jusqu’aux portes d’Ispahan, et nos relations sont telles avec les Perses, que nous pourrions nous porter sur rindus; ce qui était chimérique autrefois deviendrait assez simple dans ce moment où l’Empereur reçoit fréquemment des lettres des sultans, non des lettres d’emphase et trompeuses, mais dans le véritable style dè crainte contre la puissancedesRusses, et portant une grande confiance dans la protection de l’empire français.

« Vous devez publier que vous n’attendez que les firmans de la Porte pour passer sur le Danube et marcher à la rencontre des Russes. 11 est très-utile que cela se redise dans le pays; cela intimidera les Russes, qui, soldats et officiers, craignent les armées françaises.

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« Telle est la situation des affaires.

« Envoyez des officiers au général Sébastian! pour correspondre avec lui. L’éloignement de la Dalmatie à Varsovie est tel, que vous devez beaucoup prendre sur vous. Bien entendu que les détachements français ne s’éloigneraient jamais à plus de deux lieues au delà des frontières.

a L’Empereur a ordonné au général Andréossi d’envoyer à AViddin un officier de son ambassade pour servir de correspondance intermédiaire avec Constantinople; mais cela n’empéche pas que vous aurez à envoyer de votre côté. Quand vous lirez cette lettre, il est vraisemblable que l’Empereur sera maître de Kœnigsberg, de Grodno et de tout le cours du iXinncn.

« Il y a un fort près de Ragusc qui paraît influer sur la défense de cette place, et il est possible que le général Sébastian! obtienne qu'il soit remis entre nos mains; écrivez-lui à cet égard.

« Jusqu’à cette heure, nous paraissons toujours assez bien avec l’Autriche, qui parait comprendre qu’elle a beaucoup à gagner avec la France et à perdre avec les Russes. Les Autrichiens craignent les Français, mais ils craignent aussi les Russes. 11 paraît qu’ils ont vu de mauvais œil l’envahissement de la Valachie et de la Moldavie.

a 11 est bon que des officiers français parcourent les différentes provinces de la Turquie. Ils feront

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