‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 49 sur 267 · LIVRE X. — CORRESPONDANCE. Iu · texte numérisé non relu

LIVRE X. — CORRESPONDANCE. Iu

mes, qui, joints aux cent soixante-di.x sapeurs ou ouvriers, feront les six cents demandés par le Grand Seigneur.

« Vous y joindrez une douzaine d’officiers d’artillerie et de génie, Français et Italiens, ayant soin que, parmi les officiers d’ouvriers, il y en ait un habile, et de bons artificiei's. Vous ferez armer de bons fusils et vous ferez bien équiper tous ces hommes. Vous ferez partir avec eux pour trois mois de solde, et plus si vous avez de l’argent. Vous ferez donner à chaque homme trois paires de souliers. Il est à désirer que les ouvriers emportent avec eux les outils les plus précieux, qu’on ne trouverait pas à Constantinople. Les officiers du génie et d’artillerie auront l’attention d’emporter, autant qu’ils pourront, les livres qui pourraient leur être utiles suivant les circonstances.

« Vous ferez connaître à la Porte que, si elle veut d'autres troupes, vous lui en enverrez sur sa demande directe. Effectivement, général, l’Empereur vous autorise à envoyer jusqu’à la concurrence de quatre à cinq mille hommes, ainsi qu’à les mettre en mouvement et à les faire passer sans ordre ultérieur de Sa Majesté. Mais cependant, pour cela, il faut que vous ayez une réquisition fort en règle signée du général Sébastian!, et que le pacha sur le tei-ritoire duquel vous ferez passer ces troupes ait un firrnan l)ien en règle de la Porte.

« il VOUS restera en Dalinalie, ainsi qu’à liaguse, assez d’artillerie. Vous ferez compléter les compagnies qui vous resteront à cent vingt hommes, en prenant des hommes dans l’infanterie. Je donne d’ailleurs des ordres pour que le vice-roi d'Italie fasse passer sur-le-champ en Dalmatie douze officiers d’artillerie et douze officiers du génie. Ainsi n’épargnez pas les officiers du génie et d’artillerie pour les envoyer à Constantinople, où il ne saurait Iroj) y en avoir : avec la direction de nos officiers, tous les soldats français sont artilleui's.

« Si vous avez de l’argent, général, l’Empereur ordonne que vous fassiez passer, par les troupes que vous envoyez à Constantinople, deux cent mille francs en or au général Sébastian!, qui seront employés aux besoins des troupes, l’intention de Sa Majesté n’étant point qu’elles soient, en aucune manière, à charge à la Porte. Si vous n’avez pas d’argent, fiiites-le-moi connaître, afin que je, prenne des mesures en conséquence.

« L’intention de l’Empereur est, général, que tout ce que je viens de vous ordonner parte vingt- •[uatre heures après la réception des ordres.

« Vous pouvez envoyer trois à quatre officiers d’état-major si vous en avez que vous croyiez pouvoir être utiles dans ce pays. Si vous aviez un bon général de brigade qui désirerait aller à Constantinople, envoyez-le avec les six cents hommes. -

LIVHE X. — COnilESPOXDAXCE.

« J’observe que, sur le dernier état de situation de votre armée, vous avez plus d’ofliciers d’artillerie, du génie et d’état-major qu’il ne vous en faut. Vous pouvez donc envoyer, si vous le jugez convenable, tout ce qui n’est point strictement nécessaire. A quoi vous servent cinq colonels ou chefs de bataillon? Un à Raguse et un en Dalmatie vous suffisent. »

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