I.E PIUNCF, EICÈXE A MARMONT
« Milan, lu 2i mii 1807
« J’ai soumis à Sa Majesté, monsieur le général Marmont, les projets que m’avait adressés le général Poitevin pour les travaux à faire cette année aux fortifications de la Dalmatie. Sa Majesté ne veut et ne connait en Dalmatie d'autre place forte que Zara. Je fais connaître an général Poitevin les ordres de l’Empereur à cet égard, et je m’empresse de vous en prévenir.
« Je vois avec beaucoup de peine, monsieur le général Marmont, que le décret de Sa Majesté pour la formation d’une légion dalmate ne s’exécute pas. Il n’y a encore que trente-sept à trente-huit hommes, y compris les officiers que j’ai nommés, tandis que cette légion devrait être portée à quatre mille hommes. Vous devez sentir de quelle importance il serait, dans les circonstances actuelles, que
km; MEMOIRES DU DUC DE RAGÜSE
ce décret de Sa Majesté reçût son exécution. Si les troupes françaises qui sont en Dalniatie venaient à partir pour une expédition, cette légion seule pourrait vous fournir du monde pour garder vos places et votre littoral. Veuillez bien, je vous prie, vous occuper des moyens qui jwurraient faciliter la levée de cette légion, vous en entendre avec le provéditeur, et me faire connaître quels sont les obstacles qui s’y opposent. Il est vraiment ridicule que, dans un pays où les Autrichiens ne se gênaient pas pour faire marcher les hommes à coups de b&ton, nous ne puissions rien obtenir par les mesures les plus «louces, et, pour ainsi dire, par des politesses. Quoi qu’il en soit, Sa Majesté a ordonné la formation de cette légion; elle y compte, et il est important qu’elle se forme. Mettez-y donc, je vous prie, tous vos soins et tout votre intérêt. Je saisis avec bien du plaisir cette occasion de vous renouveler l’assurance de mes sentiments; et sur ce, monsieur le général Marmont, je prie Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde. »