‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 59 sur 267 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

turcs de la Bosnie et de l’Erzegovine rappelle celle, des seigneurs français au moyen âge.

Dans le courant du mois d’août 1808, je reçus la nouvelle d’une révolution en Turquie. Moustapha- Beïractar, parti de Routschouk, arriva avec ses troupes à Constantinople, pour replacer Sélim sur le trône ; mais, au moment où il entrait dans le sérail, le cadavre de son maître lui fut présenté. Sélim déposé et remplacé par Mahmoud, actuellement régnant, Beïractar fut nommé grand vizir. Il s’occupa des réformes qui avaient fait succomber Sélim sous le poids des mécontentements; mais, peu de mois après, il périt lui-même, à la suite d’une insurrection des janissaires. On se rappelle avec quel courage il finit. Quand il vit la partie désespérée, il laissa envahir son palais, et, au moment où il le vit entièrement rempli d’insurgés, Beïractar mit le feu aux poudres rassemblées et sauta avec eux. Ce furent là ses funérailles, et elles en valent bien d’autres.

J’avais remarqué le changement graduel du vladika et des Monténégrins envers nous. Au commencement de septembre, leur inimitié se montra à découvert. Des intrigues avaient été ourdies par eux dans les comtés de Pastrovicchio, situés à leur frontière. Celui de Braiki refusa tout à coup l’obéissance et donna refuge à divers assassins poureuivis. Des troupes furent envoyées pour rétablir l’ordre;

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los haliitanls rcsistèmil cl prirent les armes, soutenus [>ar trois cents Monténégrins. Il y eut un combat où justice fut faite, mais chèrement. Le général Delzons, qui s’y rendit, au lieu de prendre avec lui une force convenable, se fit accompagner seulement de deux cents hommes. Cette correction , inlligée avec des moyens trop faibles, lui coûta cinquante hommes tués ou blessés. Le vladika, après avoir dirigé ces machinations, s’excusa en déclarant ne pas cire le maitre. Cette insurrection, fomentée par lui, avait éclaté sans ordre et plus tôt qu’il n’aurait voulu; mais c’était le symptôme certain d’une guerre prochaine avec l’Autriche.

Mon hiver fut consacré tout à la fois aux soins de l’adminislralion, à continuer mes éludes avec ardeur, et à faire les dispositions pour entrer en campagne, car tout annonçait une levée de boucliei’s prochaine de la part de l’Autriche. Ne voulant pas être pris au dépourvu, je préparai ce qui était nécessaire pour remplir convenablement la tâche qui nie serait imposée. Je reçus aussi les instructions de l’Empereur : elles m’enjoignaient principalement <te u(' laisser en Dalmatic (pie la quantité de troupes absolument indispensable , afin d’augmenter d’autant le nombre de celles avec lesquelles j’entrerais en campagne. Celte disposition était trop dans mes intérêts pour ne pas m’y conformer.

La première chose à faire était d’assurer l’appro-

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