‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 67 sur 267 · LIVRE XI. — 1808-1809. U · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — 1808-1809. U

d Obrovatz, il était arrivé du Banat deux bataillons de renfort. Toute la population avait pris les armes; ainsi nous trouvâmes là tout à la fois beaucoup de troupes devant nous et des localités trèsfavorables à la défense.

Gospich est situé à la réunion de quatre rivières. De quelque côté qu’on se présente, il est nécessaire d'en passer deux. Ces rivières sont très-encaissées, et leurs bords sont à pic; on ne peut les passer que devant les chaussées; une seule était guéable. Je me décidai à ne pas attaquer de front Gospich, mais à tourner sa position pour menacer la retraite de l’ennemi. Pour atteindre ce butj le bassin étant peu large, il fallait passer une des rivières à la portée du canon des batteries ennemies, situées de l’autre côté de la Licca , ou travei’ser des montagnes de pierre, extrêmement âpres, où les Croates auraient pu, à chaque pas, faire résistance. L’ennemi occupant la rive opposée de cette rivière, l’en chasser était nécessaire pour rétablir le pont coupé la veille. Deux compagnies de voltigeurs passèrent à gué et remplirent cet objeU L’ennemi ne croyait pas possible le mouvement qui s’exécutait; il était peu en forces sur ce point. Ces compagnies occupèrent deux pitons situés près de la rivière. A peine curenlelles pris position, que reuncmi déboucha derrière nous, par le pont de Bilai, et se porta sur la division Montrichard, qui marchait derrière la divi-

MÉMOIRES nu DUE DE RAGUSE.

sion Clause!. J’avais fort serré mes troupes pour rendre celle marche de flanc moins longue, et elles étaient mal formées pour combattre. Je sentis toute rélendue de la crise, et voici les dispositions que je pris pour y remédier.

Je donnai l'ordre au général Clausel de faire passer an général Delzons, avec le 8' régiment, la petite rivière placée devant nous, afin d’occuper les mamelons dont les voltigeurs s’étaient emparés, et de les défendre avec la plus grande Oj)iniàlreté. Je lis prendre lestement les distances, par la queue de la colonne, à la division Montrichard, avec laquelle j’allais combattre. I.e général Montrichard, sans manquer de bravoure personnelle, perdait toute son intelligence dans le danger; et, vu les circonstances, je commandai moi-même ce jour-là sa division. L’ennemi marcha à nous avec lenteur, c(‘ qui nous donna le temps de nous former et de nous mettre en position. Après y être resté quelques moments pour juger des intentions de l’ennemi, je reconnus qu’il était formé en trois colonnes. Celle du centre devançant un peu les autres, je la fis attaquer sur-le-champ par le 18' régiment. A sa tète était le général Soyez. J’ordonnai ensuite l’attaque de la colonne de droite de l’ennemi par le 79', à la tête duquel marchait Montrichard.

Les charges du 18' furent hrillanles. Tout céda devant ce brave régiment; tout fut culbuté, et

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