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retraite précipitée de l’arrière-garde. C’était à Cospich, au surplus, que rcnnemi comptait rallier toutes ses forces et combattre de nouveau. Ce corps se trouvait ainsi sur le flanc des troupes qui me suivaient. Leur voisinage m’obligeant à marcher réuni, et quehiues engagements en ayant imposé au général Clausel, commandant la colonne, ce général ralentit la marche des troupes, tandis que moi, comptant sur leur prochaine arrivée, je m’étais engagé avec trois bataillons seulement. .Cens à soutenir un combat e.xtrèmemcnt dilTicile. L’ennemi n’avait pas moins de dix mille hommes autour deCradschatz. D’abord tout à fait sur la défensive, il s’aperçut fort tard du peu de monde qu’il avait devant lui; et c’est alors seulement qu’il marcha suinous. Mes troupes étaient si bonnes, qu’on pouvait ne pas compter les ennemis; d’aillcni’s le moindre mouvement rétrograde pouvait avoir les plus grands inconvénients; aussi me décidai-je à ne pas reculer d’un pas, et, pour soutenir la résolution de mes troupes, je me tins dans le lieu le plus exposé. Je reçus un coup de feu à la poitrine. Quoiqu’on se battit de très-près, ma blessure fut légère. Je prêtais le flanc droit à l’ennemi, la balle vint de côté frapper en glissant sur ma bretelle et ricocha. Les ofliciers placés près de moi, au bruit qu’ils entendirent, me crurent tué. La commotion avait été forte, et cinq minutes après je me trouvais mal. lu. lu
MÉMOIRES l'U DUC DE RAOÜSE
Heureusement la nuit était entièrement close, et le combat finissait. Je me rappellerai toute ma vie l’elTet produit dans cette petite armée par la nouvelle de ma blessure. (Chacun éprouva une alarme très-vive et montra un intérêt touchant. Indépendamment de l’attachement des soldats pour leur chef, ils sentaient bien qu’nn changement de commandement, dans une situation aussi difficile et au comniencemeut d'une opération présentant d'aussi grands obstacles, jKiurrait èlie funeste. Aussi une grande joie se peignit sur toutes les figures quand je reparus à cbcval le lendemain. Quelles douces acclamations! il me semble encore les entendre. Digne récompense des plus grands dangers et des souffrances les plus pénibles.
Le IS, au matin, rennemi avait évacué Gradscbatz. Il o[>érait sa retraite sur Gospich, où tout annonçait qu’il avait l’intention de résister.
Je passai le 18 et le 19 à Gradscbatz.
rendant ces deux journées, un convoi de vivres et de munitions, escorté par une partie de la garnison de Zara, me rejoignit, ainsi que tout ce qui était resté en arrière. Je renvoyai les hommes du tîO' avec des prisonniers, en faisant mes adieux à la Dalmatie. Le "20, nous coatinuàmes notre mouvement sur Gospich, et, le 21, nous arrivâmes de bonne heure en vue de celte ville.
Indépendamment des colonnes d’Évernich et