‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 83 sur 267 · LIVBE XI. — CORRESPOND.ANCE · texte numérisé non relu

LIVBE XI. — CORRESPOND.ANCE

qu’à mon arrivée à l'année, c’esl-à-dire il y a deux ans. A celle époque, lous les services se Irouvaient abandonnés, les hôpllaux encombrés, el l'administra leur de l’armée d’ilalic, qui alors élail chargé de l’adminislralion de la Iroupe, n’avail fait aucuns fonds. 11 fallait cependant pourvoir à ses besoins; il fallait soigner trois mille cinq cents malades, el assurer la subsistance des troupes.

« li’Empereur acceptera qu’il faut faire vivre la troupe avant de la payer; et, lorsqu’il y a impossibilité de le faire autrement qu’avec de l’argent comptant, lorsque l’on est à six cents lieues de l’autorité, il faut bien pourvoir aux premiers besoins par quelque moyen qu’il soit. Ces violations de caisse se sont élevées, pendant trois mois environ, à la somme de trois cent trente mille francs. Les comptes ont été envoyés au ministre : la dépense est légitime, parce qu’elle a été faite pour l’entretien des troupes, d’après les bases fixées par les règlements.

« Si les fonds n’ont pas été faits d’avance, la faute en est à l’administrateur de l’année d’Italie. Le ministre a eu immédiatement connaissance des dispositions que les circonstances avaient rendues indispensablement nécessaires : c’était à lui à y remédier.

« Postérieurement à cette époque, il n’y a eu’ aucune violation de caisse, parce que le ministre,

<7ü MÉMOIRES DU DUC DF. RAGUSE.

qui a pris alors connaissance de nos besoins, a fait régulièrement les fonds convenables.

« Cette somme de trois cent trente mille francs, dont l’emploi irrégulier est au moins le plus légitime possible, forme la plus grande partie du déficit de la caisse française, le l’Cste va être expliqué <runc manière aussi naturelle.

« J’ai reçu à différentes reprises l’ordre de Votre Majesté d’envoyer des ofliciers en Turquie, ensuite des canonniers, des courriers à Constantinople. A la paix, sous divers prétextes, j’ai dû faire voyager et résider auprès du pacha des officiers pour étudier et connaître le pays. Les ordres devaient être exécutés sans retard, sans délai. Et où prendre les fonds, si ce n’est dans la caisse du payeur? J’aurais été coupable si j’eusse retardé d’un moment l’exécution des ordres de Votre Majesté. Ainsi ses ordres justifient suffisamment la légitimité de la dépense.

« Mais ces dépenses sont régulières, car, lorsque je reçus les première ordres de Votre Majesté, j’écrivis au prince de Neufchàtel, alors ministre de la guerre, de mettre à ma disposition les fonds nécessaires pour l’exécution de ces mêmes ordres; il me répondit que je pouvais prendre dans la caisse du payeur les sommes nécessaires, lui en envoyer l'état, et qu’il régulariserait ces dépenses par des fonds spéciaux. — Cette formalité a été rigoureuse-

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ment remplie ; les états des avances mentionnées ont été adressés au ministre, avec l’inventaire des noms des ofBciers, de leurs destinations, des sommes qu’ils ont reçues, etc., etc. Le ministre possède tous ces documents, mais n’a pas fait de fonds; je ne saurais être coupable de cette omission. C’est sur la copie de la lettre du ministre que le payeur a fait les avances, et ce titre semblait devoir être réputable pour lui. S’il n’y eût pas déféré, aucun des ordres de Votre Majesté n’aurait pu être e.\éculé. Ces dépenses ont été faites pendant l’année

« A la paix de Tilsitt, j’ai dû prendre possession des bouches de Cattaro. Les Russes avaient fait travailler à Castelnovo. J’ai trouve cette place en l)on état de défense, et nous n’y avons rien fait. -Mais ils avaient abandonné Cattaro, et il v avait quelques travaux, quoique peu chei*s, mais urgents . à exécuter; j’ai fait avancer quelque argent pour cet objet sur les fonds qu’il était probable que le génie recevrait pwur cette place. J’ai fait des demandes, on n’y a pas fait droit, et la caisse française se trouve à découvert à cette occasion de quelque argent.

« Pendant les mois qui viennent de s’écouler. Votre Majesté m’a’ donné successivement divers ordres que j’ai exécutés ponctuellement, leur exécution était pressante, et pour lesquels il n’a été fait

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