III
m MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.
aucuns fonds, .\insi, par exemple, j’ai reçu l’ordre d’envoyer par terre de la poudre à Corfou; les dix milliers que j’ai fiiit transporter ont coûté dix-huit mille francs, somme énorme, sans doute, mais nécessaire, parce que telle est la nature des choses. L’officier qui a conduit ce convoi a eu des difficultés inouïes à surmonter, et il a fallu une patience, un courage et une persévérance dignes des plus grands éloges pour qu’il pût réussir dans sa mission, malgré l’argent qu’il a dépensé. J’ai envoyé de la poudre par lui, il a fallu fréter un bâtiment; cependant, si j’eusse différé et que Corfou eût été atUiqué, quels reproches n’eussé-je pas mérités! Et où prendre l’argent nécessaire si ce n’est dans le trésor de l’armée?
« Votre Majesté m’a écrit qu’il était possible qu’une armée nouvelle tînt, soit aux Bouches, soit à Raguse, et que sans doute elle y trouverait sûreté et protection. Jusqu’ici nous avions eu seulement dans nos travaux la défense des terres. La situation des choses changeant, il a fallu de nouvelles batteries et de l’argent pour les construire. Les localités ne sont pas telles ici, qu’on puisse remettre aux derniers jours à exécuter de semblables travaux, attendu que, quelque moyen qu’on emploie, il faut du temps, vul’escarpement des rochers; etquels regrets n’eussé-je pas éprouvés si, faute de prévoyance, j’eusse compromis le sort d’une de nos flottes! Les