LIVRE XI. - CORRESPONDANCE. -JUI
toutes épuiscos, elle peu de cartouches d’infanlerie qui me reste est porte par des chevaux de bât qui lie peuvent plus suivre. Quant à la cavalerie, il me reste environ 100 chevaux qui pouvaient servir en Dalmatieet en Croatie, mais qui ne peuvent plus compter sur le théâtre sur lequel je vais entrer,
« J’espère que Votre Altesse Impériale a reçu la lettre que j’ai eu l’honneur de lui écrire de Gradchatz, par laquelle je l’instruisais du début de notre campagne, de la défaite des Croates au mont Kitta, de la prise du général Stoisevich, commandant en chef, et de l’affaire de Gradchatz
« Depuis, l’ennemi, ayant rassemblé les troupes qui n’avaient pas donné, reçut des renforts de deux bataillons du Bannat, d’un bataillon hongrois, et, ayant ordonné à tous les paysans de la Licca de se réunir à l’armée, livra bataille à Gospich avec des forces presque doubles des nôtres. Beaucoup de circonstances rendaient sa position extrêmement avantageuse et la nôtre très-critique; l’affaire a été fort longue, fort chaude et très-meurtrière, mais trèsglorieuse pour l’armée,
« L’eunemi a été battu sur tous les points et a perdu, de son aveu, plus de deux mille hommes tués, pris, blessés ou noyés dans la Licca. Le lendemain, rennemi étant tourné fit ses- dispositions de retraite. Il l’aurait effectuée avec beaucoup de pertes si le nombre de nos blessés et le défilé que
303 MÉMOIRES ütJ DUC DE RAGUSE.
nous avions à passer nous avaient permis de marcher avec plus de vitesse. Il s’engagea cependant un combat dans la soirée du 22, où il fut battu et poursuivi. Dans la nuit il disparut.
« \je lendemain, nous entrâmes à Gospich, où je déposai les blessés qui ne pouvaient être transportés que sur des brancards. Le 24, nous sommes partis de Gospich, et depuis nous n’avons rencontré l’ennemi qu’à Ottochatz, où scs bagages et son artillerie auraient été entièrement prisj et son arrière-garde détruite, si le général Montrichard, par une lenteur inouïe, ne s’ctait pas trouvé à trois heures en arrière. Cependant l’ennemi a éprouvé dans cette affaire une très-grande perte et a été poursuivi avec vigueur.
« De là, l’ennemi a pris .la route de Carlstadt, et nous celle de Fiume, où nous sommes arrivés. Les trois généraux de brigade employés à l’armée ont été blessés. Le général Delzons seul pourra reprendre du service sous peu. Les deux autres ont été blessés très-gravement. Je demande avec instance à Votre Altesse Impériale de me donner des généraux de brigade, si elle en a de disponibles.
« L’ennemi a eu dans cette campagne plus de six mille hommes hors de combat, son général pris et trois pièces de canon. Excepté un léger repos à Gradchatz, nécessaire pour attendre l’artillerie, nous avons, depuis notre entrée en campagne, com-