‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 97 sur 267 · MARMONT A NAPOLÉON · texte numérisé non relu

MARMONT A NAPOLÉON

a Fiume, 29 mai 1809

« Sire, j’-ai eu l’honneur de rendre compte à Votre Majesté de l’entrée en campiagne de votre armée de Dalmatie, de la défaite de l’armée ennemie aq mont Kitta, de la prise du général Stoisevich, commandant en chef, et du combat de Gradchatz.

O Je dois maintenant à Votre Majesté le rapport des opérations qui ont suivi.

« L’artillerie et les vivres que j’attendais de Dalinatie m’ayant joint le 19, je me mis en marche le 20 pour Gospich. Le 21, de bonne heure, j’arrivai à la vue de Gospich. L’ennemi y était renforcé des colonnes d’.\brovats et d’Évenik, qui étaient fortes de trois à quatre mille hommes, et qui ne s’étaient pas encore battues. Il avait reçu de plus deux régiments du Ban’nat, et avait fait réunir toute la population en armes. Ses forces étaient doubles des nôtres.

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•2ül MÉMOIRES DU DUC DE RAGÜSE.

« La position de l’ennemi était belle; Gospich est situé à la réunion de quatre rivières, de manière que, de quelque côté que l’on se présente, il est nécessaire d’en passer deux. Ces rivières sont trèsencaissées; on ne peut les passer que vis-à-vis les chaussées, et, dans cette saison, une seule d’elles est guéable. Je me décidai à ne pas attaquer de front Gospich, mais à tourner sa position, de manière à menacer la retraite de l’ennemi. — Pour atteindre ce but, il fallait passer une des rivières à la portée du canon des batteries ermeinies, établies de l’autre côté de la Licca, ou traverser dos montagnes de pierres extrêmement âpres et difficiles, où les Croates auraient pu résister avec avantage. L’ennemi occupant la rive opposée de cette rivière, il fallait l’on chasser, afin de pouvoir rétablir le pont qu’il avait coupé. Deux compagnies de voltigeurs du 8' régiment, commandées par le capitaine Bourilloii, ayant passé ce gué, remplirent cet objet, attendu que l’ennemi, comptant sur sa position, était peu en force. Elles occupèrent deux pitons qui touchaient la rivière.

« A peine ce mouvement fut-il exécuté, que l’ennemi déboucha par le pont dcBilay et marcha sur la division Montrichard, qui suivait la division Clausel. Je donnai l’ordre immédiatement au général Clausel de faire passer au général Delzons, avec le 8' régiment d’infanterie légère, la petite ri-

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