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Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur

SoMiiAinr. — Situation et faiblesac du U |n-ande ann^e après la campagne de Russie. — Organisation d'une nouvelle arnice dite d'observation du Mein. — Création des régiments provisoires. — Canonniers de marine.

— Composition de l'armée du Mein. — Arrivée du duc de Raguse à Mayence. — Composition du sixième corps, sous les ordres de Marmont.

— Marche sur Dresde. — Combat de Wiessenfuls. — Mort du duc d'Istric.

— Napoléon établit son quartier général i l.utzcn. — Reconnaissincc de l'ennemi exécutée par le sixième corps. — Bataille de l.utxen (2 mai 1813).

— Combats de nuit contre la cavalerie ennemie. — Danger que court le duc de Raguse. — Paroles de l'Empereur. — Entrée de l'armée française ^ Drcs<le.

Je passai les mois de janvier et de février 1815 à soigner mes blessures, impatient de rentrer en campagne. Grâce à la force de mon tempérament, dès le mois de mai, je fus en état de partir. Après quinze jours passés à Châtillon, où j’arrêtai les travaux dont la suite devait m’occuper d’une manière

s MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

si grave et si importante, je me mis en route pour

l’armée.

deux mois et demi passés à Paris et à la cour firent époque pour moi. Étranger aux plaisirs et aux splendeurs de ce séjour, depuis neuf ans, je n’avais pas quitté les camps; et, sous le régime impérial, je n’avais habité la capitale que pendant six semaines environ et à trois reprises différentes, à l’époque du couronnement, en 1809, après la paix de Vienne, et à l’époque de la naissance du roi de Rome, avant d’aller prendre le commandement de l’armée de Portugal. Aussi, sur ce terrain, tout était neuf pour moi. La cour, encore brillante, présentait cependant un horizon sombre à tous les yeux. La défection du corps prussien d’York, indice effrayant de la situation des esprits, donnait à chacun le pressentiment de grands et de nouveaux malheurs. Et cependant la fortune est venue au secours du courage, et il n’a tenu qu’à Napoléon de rasseoir pour toujours sa puissance ébranlée; mais il devait se charger lui-même de se détruire et périr par un suicide politique.

Depuis plusieurs années, Napoléon, rappelant, autant qu’il le pouvait, dans les habitudes, les usages anciens de la cour de France, exigeait que l'on vînt à ses fêtes en habit habillé. L’intérêt des manufactures servait de prétexte à cet usage singu-

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