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prince l'onialovvski qui y périt. Quelques hommes aussi se retirèrent par un petit pont que l’on avait trouvé le moyen d’établir. La division Durutte, du septième corps, mise sous mes ordres, prit également position dans la prairie dans le même but. Ces troupes y restèrent tant que leur présence fut utile. Plus tard elles se retirèrent, et furent couvertes par l’arrière-garde, composée de deux divisions de jeunes gardes, que commandait le maréchal duc de Reggio. Elles se trouvèrent réunies à Lindenau.
J’avais alors sous mes ordres les troisième, cinquième, sixième et septième corps, ou plutôt leurs misérables débris. J’allai prendre position à Markranstadt. C’est là que je retrouvai l’Empereur. 11 était fort abattu, et il avait raison de l’être. \ peine deux mois s’étaient écoulés, et une immense armée, une armée de plus de quatre cent cinquante mille hommes, s’était fondue entre ses mains. C’était la seconde fois depuis un an qu’il présentait au monde ce spectacle de destruction, dont les temps modernes n’ont pas offert d’autre exemple. U lui restait environ soixante mille hommes, composés en partie de la garde, en partie des corps de cavalerie qui avaient passé le défilé de Lindenau pendant la nuit, et dans la journée du 18, et enfin du - lîorps de Bertrand; seules forces régulières sur les-
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quelles il |»ùl compter. Ce qui sortit, le 19, au moment où l’ennemi entrait à Leipzig, n’avait plus ni consistance ni organisation.
Le 20, nous nous portâmes sur Weissenfels. J'occupai, avec les divers corps sous mes ordres, dont la force ne s’élevait pas ensemble à six mille hommes, les hauteurs de la rive gauche de la Saale, couvrant le passage de l’armée contre les troupes ennemies qui auraient pu déboucher par Mersebourg. Le lendemain, nous campâmes sur les hauteurs de Freyhourg et d’Eckartsberg. Un cor|is ennemi, venant de léna, se montra sur notre flanc vers Kosen, et voulut gêner notre marche. Je formai mes troupes au débouché; je contins l’ennemi, et couvris ainsi les mouvements de l'armée. Le 22, nous primes position à Butelstadt; le 23 et le 2i. sur les hauteurs d’Erfurth ; le 25, à Arsbach ; le 26, à VVartas; le 27, à Buttler; le 28, en avant de Fulde; le 29, à Saalmùnster. L’ennemi nous suivait sur differentes colonnes, mais ne pressait pas notre marche. Il n’y eut qu’un seul engagement s(v rieuxprèsdeGolha. La jeune garde, d’abord aux ordresdu maréchal Oudinot, puis à ceux du maréchal Mortier, faisait l’extrême arriére-garde, et avaul elle marchait à peu de distance le quatrième corps.
Des troupes aussi désorganisées que celles que nous commandions, aussi harassées, aussi exlé-
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nuées par les marches, les combats, les revers ri les privations, s’abandonnèrent bientôt à l’indiscipline. L’impossibilité de faire vivre les soldats par des distributions régulières motiva et justifia leurs dispositions. Chacun s’occupa, avant tout, à trouver sa subsistance; et,' comme l’esprit militaire était éteint, comme un abattement et un dégoût que rien ne saurait rendre le remplaçaient, tous ceux qui s’étaient éloignés des drapeaux jetèrent leurs armes et marchèrent un bâton à la main. Sur soixante mille hommes qui restaient encore, vingt mille étaient ainsi formés en troupes de huit ou dix hommes, couvrant toute la campagne, et marchant sur les flancs des colonnes, bivaquant pour leur compte. Les plaines et les vallées étaient, chaque nuit, couvertes d’une quantité de feux épars, et placés sans régularité. Ces soldats reçurent de l’armée un surnom devenu historique, qui rappelait leur unique occupation, la recherche des moyens de vivre; on les appela les friroteun.
Au commencement d’octobre, les négociations qui déjà existaient depuis quelque temps entre l’Autriche et la Bavière, prirent un caractère sérieux, et se terminèrent par une alliance. L’armée du général de Wrede, qui, dans l’intérêt de l’alliance française, était rassemblée snr les bords de rinn, et couvrait la Bavière contre les troupes de
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-.04 MÉMOIRES DU DUC DE lUÜUSE.
l’Autriche, commandées par le prince de lleuss, se réunit à celles-ci pour nous attaquer. Se plaçant sous les ordres mêmes du général de Wrede, elles se mirent en marche pour se porter sur nos derrières et couper nos communications. Dès le 15 octobre, cette armée avait commencé son mouvement. Le 17, elle était à Landshut; le 20, à Nordlingen ; le 22, à Anspach, et le 24 devant Würtzbourg. Le général Tarreau commandait dans cette ville avei’ une garnison de douze cents hommes. 11 refusa d’en ouvrir les portes. De Wrede fit mettre en batterie tous les obusiers de son armée, et bombarder la ville pendant la nuit, mais sans effet. Plusieurs sommations ayant été infructueuses, il se disposait à donner l’assaut à cette ville, dont l’étendue était beaucoup trop grande pour la faible garnison qui l’occupait, lorsque le général Tarreau consentit à la lui remettre et à se retirer dans la citadelle. L’armée austro-bavaroise coiiti- . nua son mouvement sur Aschaffenbourg et sur Hanau. Son avant-garde entra dans cette ville ; mais, chassée par une première colonne qui marchait à deux journées en avant de l’armée, les Bavarois, soutenus par des renforts, y rentrèrent après son passage. Obligés de nouveau d’évacuer la ville et d’attendre la division du général Lamotte, cette division et celle du général de Boy étant arrivées,
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ils occupèrent la ville et les bords de la Kinzig.
Le 29, Wrede dirigea la division Recliberg sur Francfort. Elle y arriva le 30, et occupa le faubourg de Sacbsenbausen. Une avant-garde autricbienne de celte même armée se porta sur Gelnhausen, et prit position à Altenhausen. Toute l’armée de Wrede, forte de cinquante mille hommes, était rassemblée sur le terrain le plus favorable pour agir contre l’armée française. Il eût dii porter tontes ses forces à l’entrée du défilé de Uelnbansen; jamais il n’aurait été au pouvoir de l’armée française de déboucher; mais il se tint timidement dans la plaine, peu en avant de la Kinzig, et à poilée de repasser celte rivière et de se retirer dans la vallée du Mein, s’il était battu.
Ce même jour, 29, l’avant-garde de rarmce française culbuta la brigade autricbienne de Wolkmann, placée à peu de distance de Celnhausen. Vers trois heures après-midi, elle arriva devant Langenselbold qui était occupé par une division bavaroise. Celte division fut forcée à se retirer. L’armée ennemie s’établit alors do la manière suivante, en position en avant de Hanau et de la Kinzig. Elle avait cette rivière à dos; sa droite,' composée de la division Becker, appuyée à la rivière et à la ferme de Neubof. Venait ensuite une partie de la division autricbienne du général
:î 06 mémoires du duc de raguse.
■(le Frosnel. Au delà de la route de Fraiicforl était placée la division bavaroise de Lamolte. Plus à gauche était la cavalerie bavaroise cl une nombreuse artillerie. Cette ligne était terminée par le reste de la division de Fresnel, et des Cosaques qui voyaient la route de Friedberg. Enfin la division du général Bach occupait la ville de Hanau.
Le 50, au matin, l’armée française, aussitôt •qu’elle fut à portée, et qu’elle put se développer dans la plaine, mit en action sa c'avalerie et l’artillerie de la garde. La cavalerie aux ordres du g('“uéral Sébastiani les soutint. L’ennemi, écrasé par le feu auquel il fut soumis, pressé par les chargeas qu’il eut à supporter, plia. Quand il fut arrivé à la lisière du bois, plusieurs milliers de tirailleurs furent charg(*s de l’y suivre. Les troupes peu nombreuses du duc de Bellune et du duc de Tarente re- •<;ureut cette mission. Deux bataillons de chasseurs •de la vieille garde, commandés par le général Curial, eurent l’ordre de les soutenir. La manière dont ces deux bataillons se portèrent en avant et culbutèrent ce qu’ils avaient devant eux fut un objet d’admiration pour ceux qui en furent témoins.
Appelé par le feu, dont j’entendais le bruit, et par les ordres que je reçus, je hâtai ma marche et j’arrivai à temps pour prendre part au combat avec la tète de ma colonne. Une charge de six cents hom-