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entre ce corps et moi. Je marchai, à la tète du 14'2" et du 25' léger, pour le chasser des rues qu’il occupait. Un premier succès couronna nos efforts; mais les troupes ennemies augmentaient sans cesse; elles furent en outre bientôt secondées par le feu des troupes saxonnes et hadoises qui occupaient l’intérieur de la ville. Cette circonstance rendit nos efforts inutiles.
IjC désordre était partout. L’encombrement causé par les voitures sur les boulevards, l’aflluence de ceux qui se retiraient, empêchaient aucune formation ni aucune disposition. Enfin la terreur emporta tout le monde. L’on jugera de ses effets quand on saura qu’il y a un boulevard circulaire entre la ville et les faubourgs, et que, les troupes se retirant à la fois par le boulevard du Nord, par celui du Midi et par le milieu de la ville, les trois colonnes se réunissaient sur la chaussée de Lindenau, débouché commun.
La foule était si pressée sur ce point de réunion, qu’ayant, pour mon compte, fait ma retraite par les bas-côtés du boulevard, jamais je ne pus entrer, sans secours, dans le courant. Deux officiers du Sfi' s’en chargèrent, l’un frappa tellement avec son sabre qu’il parvint à faire un léger vide, et l’autre, ayant saisi et tiré fortement la bride du petit cheval arabe que je montais, le jeta dans cette mas.se
confuse, où dans les premiers momenls il fui porté, tant la foule était compacte.
Cette foule s’écoulait et passait le pont que Napoléon avait fait miner. J’ignorais cette disposition, et je ne compris pas le sens d’une demande faite par le colonel du génie Montfort, qui s’informa auprès de moi de la troupe destinée à passer la dernière. Je lui répondis qu’à la manière dont la retraite s’opérait, avec la confusion existante, on devait croire que c’était le hasard qui en déciderait. Je continuai ma marche.
Je n’étais pas à deux cents pas de ce malheureux pont, lorsqu’une explosion m’annonça qu’il venait de sauter. Douze ou quinze mille hommes étaient encore en arrière.
Cet événement funeste fut causé par la vue de quelques Cosaques qui avaient paru dans la prairie. Le sous-ofiieier de sapeurs qui était chargé de la mine perdit la tête, crut à une attaque, et y mit le feu.
Je réunis alors une portion de mes troupes sur la rive gauche de l’Elster, afin de protéger la retraite des hommes restés en arrière, et de recueillir ceux qui passaient l’Elster à la nage. Je reçus, en ce moment, ' le maréchal Macdonald qui, arrivé trois minutes trop tard, ne put passer le pont. Il franchit la rivière avec plus de bonheur que le