‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 157 sur 166 · LIVRE XVIII. - CORRESPONDANCE. r>8l · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII. - CORRESPONDANCE. r>8l

« Le 37' léger et le 4' régiment de marine furent successivement portés sur ce village; ils le reprirent et le défendirent avec tout le courage qu’on pouvait attendre d';iussi bonnes troupes.

« Le combat se soutenait avec le même acharnement depuis trois heures, et l’ennemi avait fait des pertes énormes par l’avantage que nous donnait la position de notre artillerie pour écraser ses masses. Mais de nouvelles forces se présentaient sans cesse et renouvelaient les attaques. Une explosion de quatre caissons de douze, qui eut lieu à la fois, éteignit pour un instant le feu d’une de nos principales batteries, et, en ce moment, l’ennemi faisait une charge décisive.

« J’engageai alors les troupes de la première division, qui formaient les échelons du centre, pour soutenir les troupes engagées et combattre l’ennemi, qui faisait un mouvement par son centre.

« Le combat prit un nouveau caractère, et nos masses d’infanterie se trouvèrent en un moment à moins de trente pas de l’ennemi. Jamais action ne fut plus vive. En peu d’instants, blessé moimême et mes habits criblés, tout ce qui m’environnait périt ou fut frappé.

M Les 20' et 25* régiments provisoire, commandés par les colonels Maury et Drouhot, se couvrirent de gloire dans cette circonstance. Ils marchèrent à

reniiemi el le forcèrent à plier; mais, accablés par le nombre, ces régiments furent obligés de s’arrêter, en parvenant toutefois à se soutenir dans leur position. Le léger lit aussi des prodiges. I.es troupes de la troisième division, qui formaient les derniers échelons, prirent part au combat, autant pour soutenir les troupes qui étaient engagées que pour résister à quelques troupes que l’ennemi faisait marcher par sa gauche.

Les choses étaient dans cette situation, et le troisième corps, dont l’arrivée eût été si décisive, ne paraissait pas, lorsque l’ennemi précipita six mille chevaux sur toutes nos masses, qui étaient déj.à aux prises à une si petite distance avec l’infanterie ennemie.

c* Notre infanterie montra en général beaucoup de sang-froid et de courage. Mais plusieurs bataillons des 1" et 5' régiments de marine, qui occupaient une position importante, plièrent, ce qui força nos masses à se rapprocher pour se mieux soutenir. L’ennemi fit de nouveaux efforts qui furent repoussés avec un nouveau courage, et l’infanterie combattit à la fois contre l’infanterie et la cavalerie ennemie, et repoussa toujours de nouvelles attaques jusqu’à la nuit.

(f Alors je réunis mes troupes, et je pris position à Eutritz et à Gôhlis.

Page 1