‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 156 sur 166 · LIVRE XVIll. - CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XVIll. - CORRESPONDANCE

« Le sixième corps était placé, depuis plusieurs jours, à Liebenthal, chargé d’observer les mouvements de l’ennemi, qui pourrait déboucher de ce côté. Le 16, au matin. Sa Majesté étant dans l’intention d’attaquer l’ennemi, et aucun corps d’armée considérable ne s’étant encore montré devant moi, je reçus l’ordre de me rapprocher de Leipzig, alin, tout en le couvrant, d’être plus à même de prendre part, s’il y avait lieu, au combat qui devait se livrer de l’autre côté de cette ville. Je mis en marche mes équipages, et bientôt après mon corps d’armée s’ébranla.

M A peine mon mouvement était-il commencé, que de gro.'ses masses de troupes ennemies débouchèrent par les routes de Halle et Gandsberg.

M II était trop tard, et j’étais trop faible, pour occuper la position de Liebenthal. En conséquence, je continuai ma marche sur Leipzig, en soutenant mon mouvement par une vive canonnade. L’ennemi nous suivit avec activité, en ne montrant toutefois que des forces qui n’étaient pas trop supérieures aux miennes.

« J’avais deux partis à prendre: ou continuer ma marche et passer par le défilé de Leipzig, sous le feu et les efforts de l’ennemi, avec tous les désavantages que le terrain comporte, ou de faire face :'i l’ennemi.

« J’y fus d'autant plus décidé, que je reçus plusieurs fois du prince de la Moskowa l’assurance que la disposition ordonnée par Sa Majesté (M)ur que le troisième corps me soutint était exécutée, et qu’il marchait à mon secours. Je m’arrêtai donc; je fis face à l'ennemi, j’occupai la position qui a sa droite au ruisseau d'Eutritzet sa gauche à l’Elster, au village de Meckern, et je me préparai à combattre, soutenu par prés de cent pièces de canon.

L’armée ennemie marcha à moi avec rapidité. Ses forces semblaient sortir de dessous terre; elles grossirent à vue d’œil : c’était toute l’armée de Silésie.

« L’attaque de l’ennemi se dirigea d’abord sur le village dç Meckern. Ce village fut attaqué avec vigueur, et l’ennemi supporta tout le feu de mon artillerie. Il fut défendu de même par les troupes de la deuxième division, sous les ordres du général Lagrange. Le 2' régiment d’artillerie de marine, qui était chargé de ce poste, y mit vigueur et ténacité ; il conserva ce village pendant longtemps, le perdit et le reprit plusieurs fois. Mais l’ennemi redoubla d'efforts et envoya de puissants secours, ne s’occupant que de ce point. Alors je fis exécuter un changement de front oblique par brigade, ce qui forma immédiatement six lignes en échelons, qui étaient également bien disposées pour soutenir ce village, où paraissait être toute la bataille.

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