LIVRE XVI. — CORRE.SPONDANCE
troisième division sera placée à Eisenach et eu avant. Il m’a paru indispensable d’occuper Langensalza pour observer la grande route de Leipzig; aussitôt que les magasins seront suffisamment formés, les troupes camperont. Par ce moyen elles seront en situation d’exécuter tous les mouvements que les circonstances pourront nécessiter, soit pour soutenir le prince de la Moskowa, soit pour défendre les gorges de la Thuringe, et assez étendues pour vivre. Les coureurs russes sont venus jusque sur la Wefra et ont surpris un escadron westplialien à Wanfried; mais ils se sont retirés. Je n’ai point de nouvelles du prince de la Moskowa depuis la lettre dont j’ai eu rhoiineur de vous rendre compte; mais rien n’annonce que l’ennemi soit en opération sur lui.
« La division Bonnet est la seule qui ail des ustensiles de campement, encore lui niaiique-t-il des gamelles; il est bien important, pour que les troupes puissent camper sans désordre, (|ue les autres divisions reçoivent les ustensiles de campement qu’il leur faut, et celle-ci ceux qui lui manquent encore, et il serait bien nécessaire qu’on y joignit des haches qui manquent à toutes les compagnies et qui sont cependant indispensables, car celles des sapeurs sont loin de suffire aux besoins du bivac et du campement. »
7i MÉMOIRES DU DUC DE RACUSE.
LE JLVnÉCHAL MARMONT AU ROI DE WESTPHALIE.
« • Eiscnarh, le 20 avril 1815. »oir.
a Sire, aussitôt après mon arrivée ici, je me suis empressé de faire des dispositions pour éloigner les partis qui se sont présentés sur vos frontières. J’ai envoyé une forte division sur Langensalza, et le duc d’Istrie y a ajouté un corps de cavalerie de la garde qui va pousser des partis dans toutes les directions.
« Comme nous n’avons pas de nouvelles récentes de Cassel et qu’il serait possible qu’il y eût de ce côté quelques désordres, j’envoie demain, à moitié chemin de cette ville ici, un corps d’infanterie et de cavalerie qui serait soutenu par des forces plus considérables s’il était nécessaire, mais qui rentrera immédiatement si, comme je le suppose, tout est tranquille. Je prie Votre Majesté de me faire connaître ce qui pourrait se passer d’important du côté où elle se trouve, afin que je puisse faire ce que les circonstances commanderont, et prendre' des positions conformes à sa sûreté. »