‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 48 sur 166 · LIVRE XVI. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XVI. — CORRESPONDANCE

l’une par la rive gauche du ravin et plus courte, l’autre par la rive droite et plus longue.

« Je choisis la deu.\ième parce qu’elle me liait plus avec l’armée, et que, dans le cas d’une grande bataille, je ne courrais pas risque d’en être séparé.

« Mes troupes formées en neuf colonnes, sur plusieurs lignes, prêtes à former promptement des carrés et disposées en échelons, je m’ébranlai; après une heure de marche, j’arrivai au village de Starlield. £n ce moment le canon se fit entendre au village de Kaia, et, au même instant, l’ennemi se montra sur l’immense plateau qui précède et domine le village de Starfield; les forces qu’il me montra dans ce moment ne me parurent pas assez grandes pour devoir m’arrêter; je me disposai donc à remplir la partie de mes instructions qui me prescrivait de marcher à lui; mars, afin d’être à l’abri de tout événement fâcheux, j’occupai fortement le village de Starfield, qui devait être mon point d’appui. Je portai en avant du village, et un peu à sa gauche, la division Compans, et en échelons sur sa gauche, celle du général Bonnet; et, soutenu d’une nombreuse artillerie, je portai ces troupes en avant.

« La charge que j’avais ordonnée s’exécuta avec promptitude et vigueur; les forces que l’ennemi me montra bientôt me prouvèrent qu’une grande

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bataille allait être livrée: alors j’arrêtai mon mouvement oll'ensif, qui, en m’éloignant de l’armée et de mes points d’appui, aurait infailliblement causé ma perte; mais je conservai toutefois une attitude offensive, afin de partager l’attention de l’ennemi, de l’empêcher d’écraser les troupes du troisième corps qui combattaient à Kaia, et de donner le temps aux échelons que Sa Majesté avait formés en arrière de se réunir et de venir nous dégager. Alors l’ennemi réunit de grandes forces contre m'oi, et surtout une nombreuse artillerie. Plus de cent cinquante pièces de canon furent dirigées contre mon seul corps d’armée; mais les troupes supportèrent leur feu avec un calme et un courage dignes des plus grands éloges. La division Compans, surtout, la plus exposée, mérite des éloges particuliers; les rangs éclaircis à chaque instant se reformaient aux cris de Vire Himpereiir I Immédiatement après ce feu terrible, la cavalerie ennemie s’ébranla et fit une charge vigoureuse également dirigée contre le 1" régiment d'artillerie de marine. Cet excellent régiment, commandé par le brave colonel Esmond, montra en ce moment tout ce qu’une bonne infanterie peut contre la cavalerie, et les efforts de l’ennemi vinrent échouer contre ses baïonnettes; d’autres charges furent également faites, et toutes également sans succès.

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