LIVRE XVI. — COHRESPOXDANCE. ‘H
Cependant le combat durait déjà depuis plusieurs heures; Sa Majesté, qui avait prévu ce qui pouvait arriver et placé l’armée en conséquence, avait eu le temps de la réunir et de marcher. L’ennemi voulut faire un dernier effort sur moi et redoubla son feu dans l’espérance de me forcera évacuer le village de Starlield, et il pouvait espérer d’obtenir ce résultat si j’eusse continué à garder la position offensive que j’avais prise et à combattre à découvert; je crus devoir ne pas compromettre ce poste important, et à cet effet je reportai mes troupes en arrière, de la distance nécessaire pour en masquer une partie, en étant à portée de soutenir le village de Starfield , et toute la division Compans fut placée dans ce village. Cette disposition fut encore rendue plus nécessaire par un grand mouvement que i’ennemi lit sur ma droite, qui, étant en arrière du ravin, n’avait plus de point d’appui, tandis que la tête de mes forces était au village, et n’ayant rien au delà du ravin. Peu de troupes suffisaient pour arrêter l’ennemi sur ce point. J’y employai une portion de la troisième division, et je gardai le reste de cette division en réserve, afin de pourvoir au.x cas imprévus. L’ennemi alore lit une charge directe sur le village; mais elle lui réussit mal. Cependant l’Empereur était arrivé sur Kaia, et, tandis qu’on .se battait sur ce point avec acharne-
ment, les elTorls de l’ennemi furent ralentis contre moi, quoique j’eusse toujours en présence de grandes forces.
« Cinq heures et demie arrivèrent, et le quatrième corps parut. Aussitôt que je pus être certain de l’avoir bien reconnu, j’eus lieu d’être tranquille sur ma droite, et j’exécutai, sans perdre un seul instant, avant même d’avoir communiqué avec lui, l’ordre anticipé que Sa Nfajesté m’avait donné de porter une division sur Kaia aussitôt que je serais en.liaison avec le général Bertrand. Enfin l'ennemi était battu partout; Sa Majesté était victorieuse; elle ordonne une charge générale. La division Compans débouche de nouveau du village. La division Fi iederich se porta à sa gauche et à droite de la division Bonnet, et nous marchâmes rapidement à l’ennemi, qui fuyait devant nous, aussi 4oin que le jour le permit. Nous nous canonnions encore qu’à peine pouvions -nous distinguer, dans l’obscurité, les masses qui se retiraient devant nous. 11 fallut enfin s’arrêter par suite de l’obscurité de la nuit. Nous étions en repos depuis quelques instants lorsqu’un corps de cavalerie ennemie se présenta inopinément et sans avoir pu être reconnu, et chargea nos carrés. 11 fut reçu la nuit comme il l’avait été le jour, et se replia, mais sans avoir éprouvé une grande perte, attendu que, dans l’obs-