LIVRE XVII. - I8ir,. t
acquit, dans ces circonstances, une sorte de célébrité.
Une opération combinée entre les généraux Woronzoff et Czernikoff faillit avoir pour résultat l’enlèvement de la garnison de Leipzig, où beaucoup de blessés se trouvaient réunis; mais l’armistice en arrêta l'exécution au dernier moment.
Enfin divers combats' eurent lieu dans les environs de Hambourg. Les îles de l’Elbe et la ville de Hambourg elle-même tombèrent sucessivement au pouvoir du général Vandamme, au moyen des secours que lui envoya le roi de Danemark, qui resserra en cette circonstance ses liens d’alliance avec l’Empereur. Dès ce tnoment, une division danoise, commandée par le général Schomtenbourg, se trouva combinée avec les troupes françaises.
Les différents corps de l’armée établis dans les divers, cercles de Lowenberg, de Goldsberg, Buntzlau, eurent ces territoires pour assurer leurs besoins. Le sixième corps fut placé à Buntzlau. Chacun s’occupa avec activité à refaire les troupes, à les réorganiser et à les instruire. Des détachements amenant des ^’ecrues étaient en route de France pour tous les régiments; mais, comme ils étaient entièrement composés de nouveaux soldats sans aucune instruction, il fallait consacrer tous ses efforts à les mettre en état de combattre. Ces soins occu-
I‘ii MÉMülllES DU DUC DE HAGUSF.
pèrent tous les chefs de l’armée jusqu’au 10 août, moment auquel on reprit les armes. Je vais rendre un compte succinct de ce qui se passa jusqu’au renouvellement des hostilités.
SITUATION DE i/aRMÉE FRANÇAISE PENDANT l’aRMISTICE ET LA DEUXIÈME CAMPAGNE DF, 1815 .
La manière et la promptitude avec laquelle l’armée française avait reparu sur la scène, l’espèce de réurreclion dont elle venait de présenter l’image, avaient étonné l’Europe. Les succès de l.utzen et de Bautzen avaient moiiti é ce que l’on pouvait attendre de ses efforts. Mais ces succès, si glorieux et si éclatants qu’ils fussent, n’avaient donné que de faibles résultats. Ils n’avaient pas diminué d'une manière sensible les forces de l’ennemi. D’un autre côté, l’armée combinée était loin d’être arrivée à la force que le mouvement imprimé en Prusse et en Russie devait produire. Les recrues dont la levée avait été ordonnée en Russie, au commencement de l’année précédente, étaient au moment de rejoindre et de renforcer les corps. Le mouvement national de la Prusse n’était pas encore régularisé; le roiavait ordonné une levée en masse de ses peuples contre les Français quand ils franchiraient leur territoire; il ordonnait la destruction des moissons