‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 7 sur 166 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

bons, quoique formes très-rapidement, purent être présentés à l’ennemi avec confiance, tant les paysans français, belliqueux par essence, sont faciles à dresser. Un bataillon du 4’ régiment de ligne, dont le cadre était complet et admirable, m’en donna la preuve. Ce bataillon, après avoir reçu les recrues à la fin de janvier, était un corps modèle au mois de mai suivant.

Mes divisions étaient commandées, savoir :1a première par le général Compans; la deuxième par le général Bonnet; la troisième, par le général Freiderick; mon artillerie, par le général de division Fouché.

J’établis rnon quartier général à Hanau, et mes troupes, pour vivre et se former, eurent le pays environnant sur la route d’Allemagne, jusques et y compris Fulde.

Pendant ce temps, le troisième corps, commandé par le maréchal prince de la Moskowa, s'organisait dans le duché de Saxe. La gauche se formait à Mayence, et la cavalerie en Lorraine et dans le Palatinat du Rhin. Le vice-roi avait son quartier général àStrassfurth et le maréchal i\ey, à Meiningen. Les corps ennemis étaient ainsi placés : celui de York à Dessau; Wittgenstein, au delà de l’Elbe, et la masse des troupes, réunies en arrière de Dresde, prêtes à déboucher.

Je portai, le 15 avril, ma deuxième division sur

Yilch. Le 15, elle prit position à Eisenach, tandis que la première la remplaça à Yach, et que le prince de la Moskowa débouchait sur Erfurth.

Le mouvement commencé continua, et, le 21, ma deuxième division, qui tenait la tète de la colonne, arriva à Gotha, la première à Langensalza et la troisième à Eisenach, où, dès le 19, j’avais porté mon quartier général.

Pendant ces marches, nos troupes achevaient de s’organiser. De son côté, le vice-roi, marchant pour faire sa jonction, arrivait à Mersebourg. Le 1" mai, au matin, le troisième corps avait débouché de Weissenfels, où je l’avais remplacé. Une avant-garde ennemie eut avec lui un léger engagement dans Itquel le maréchal Bessières fut tué. C’était un de nos compagnons d’Italie et sa perte fut appréciée par l'armée. Je la ressentis plus vivement que d’autres à cause de nos souvenirs communs. Séparés p(*ndant longtemps et ayant eu pour lui quelques motifs d’éloignement, nous nous étions rapprochés, et notre ancienne amitié s’était réveillée. Homme d’esprit et de cœur, il donna toujours à l’Empereur des avis utiles. Yingt et un jours après, nous devions perdre un autre camarade qui m’était bien |)lus cher. La fortune devait enfin s’appesantir sur nous, après nous avoir si longtemps protégés et comblés de ses faveurs.

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