‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 8 sur 166 · LIVRE XVI. - ISIS · texte numérisé non relu

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Le troisième corps alla prendre position à Kaia, à Kleingrossgorschen et à Starfîeld. Napoléon se rendit à Lutzen, où il établit son quartier général.

Je pris position à Ripach et je mis mou corps d’armée à cheval sur le. ravin, prêt à marcher dans différentes directions. Pendant ce temps les troupes aux ordres du vice-roi, occupant la rive gauche de la Saale, s’étaient rencontrées à Mersebourç, et avaient fait leur jonction avec celles que Napoléon amenait en personne. L’Empereur ignorait la position véritable de l’ennemi et ne supposait pas qu’il se décidât si promptement à l’offensive. Une raison suffisante pour ignorer les mouvements était notre défaut de cavalerie. Nous ne pouvions pas battre la campagne et avoir des nouvelles certaines. Mais Napoléon aurait dû réfléchir que l’ennemi, ayant trente mille chevaux, tandis que nous n’en avions pas quatre mille, et possédant ainsi sur nous de si grands avantages dans un pays aussi plat, aussi découvert, ou ne nous attaquerait jamais, ou nous attaquerait en ce moment.

Le 2 mai. Napoléon dirigea les troupes du viceroi, c’est-à-dire le cinquième et le onzième corps sur Leipzig, et se mit en route lui-même pour s'y rendre. Il m’envoya auparavant l’ordre de faire une forte reconnaissance dans la direction de Pégau avec tout mon corps d’armée, de percer tous les ri-

IG mi::moires du duc de raguse.

dcaux de troupes qui me seraient présentés, afin de m’assurer où était la force des masses ennemies. Je me mis en mesure d’exécuter ces dispositions. On se le rappelle, j’étais campé sur le ravin de Ripach, occupant par une division la rive droite, et la rive gauche par les deux autres. Le troisième corps était campé aux villages de Grossgorschen, Kaia et Starfield.

L’opération qui m’était prescrite était délicate. M’avancer avec vingt mille hommes sans cavalerie, au milieu d’une immense plaine où je pouvais subitement être entouré par toutes les forces de l’ennemi, exigeait de grandes précautions pour rester en liaison par l’armée, et à même d’être soutenu si j’étais inopinément attaqué par des forces supérieures. Or j’avais à choisir entre deux chemins dans la direction qui m’était donnée. De Ripach on peut aller à Pégau par la rive droite et par la rive gauche du ravin. Le chemin de la rive gauche est le plus court, et j’étais déjà tout placé sur ce chemin; mais il avait l’inconvénient de me séparer du gros des forces de l’armée, de laisser mon flanc droit exposé aux attaques de l’ennemi, tandis que j’aurais été acculé au ravin à ma gauche. En marchant par la rive droite, le chemin était plus long; mais mon flanc devait être couvert par le ravin, ma gauche en liaison avec l’armée, ma retraite sur Lutzen était

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