‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 75 sur 166 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

environ, obligés de défiler, pour ainsi dire, à sa vue, pour reprendre leur ligne de retraite, fort compromise. Les troupes entreprirent cette tâche difficile, el elles y paiviiirenl après avoir éprouvé d’assez grandes pertes. Une partie de la colonne, ayant été coupée sur la gauche, fut obligée de faire sa retraite isolément et à travers les bois.

Je rencontrai d’abord rennemi au village de Possendorf. Son arrière-garde fut culbutée. Nous lui primes deux mille cinq cents hommes, douze pièces de canon, cent cinquante voitures d’artillerie ou de bagages. Lorsque nous fûmes arrivés sut les hauteurs de Windiskarsdorf, presque toute farinée ennemie nous apparut en mouvement dans diverses directions. De grosses colonnes, venant de Maxen, longeaient le pied des montagnes pour se porter par Frauendorf sur la roule d’.\ltenbourg. Le quatorzième corps suivait et marchait sur Glasshüth, mais il était encore fort en arrière. Je vis aussi des niasses considérables qui s'étaient retirées par Tharand et marchaient dans la direction de Frauenstein. EnOn j’avais en position devant moi, au débouché de Dippoldiswald, une ligne fort étendue, soutenue par une nombreuse artillerie, protégeant la position qu’elle avait prise et la marche de tous ces corps séparés, qui avaient peine à gagner le défilé sur lequel j’étais au moment d’ar-

river. L’ensemble de la position et la force des troupes que j’avais à combattre m’obligeaient à réunir mes moyens avant de rien engager.

Une fois en mesure d’agir, je marchai. La deuxième division, commandée par le général Lagrange, déboucha par la grande route qui conduit à Dippoldiswald en tournant la position de l’ennemi. Je plaçai ma cavalerie en arrière de la division du général l^grange, prête à déboucher aussitôt que le passage serait ouvert. Enfin je laissai ma troisième division à Windiskarsdorf, pour me mettre à l'abri de toute entreprise de l’ennemi venant par ma gauche, et aussi à portée de soutenir le général Lagrange s’il en était besoin.

Une afiaire assez vive s’engagea en même temps sur les deux débouchés. Les premières troupes du sixième corps culbutèrent les troupes ennemies qui leur étaient opposées. Des corps plus nombreux les arrêtèrent, mais de nouveaux efforts complétèrent le succès. L’ennemi avait, en arrière des défilés franchis, une nombreuse artillerie et des troupes toutes formées. Cet état de choses lui donnait sur nous un grand avantage; mais la valeur des troupes triompha promptement de ce nouvel obstacle. Partout Russes et Autrichiens furent culbutés. Nous restâmes maîtres des débouchés et du champ de bataille. Le général Compans fut occuper Dippoldis-

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