‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 76 sur 166 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

wald, et le général I^agrange s’était emparé de vive force des villages de Kessenig et de Benholtheim. La cavalerie du général Ornano avança le plus promptement possible, mais la nuit était presque arrivée; l’ennemi avait couvert de cavalerie toute la plaine, et il ne fut plus possible d’entreprendre rien de sérieux. En conséquence, mes troupes prirent position.

Le lendemain, 2U, je mis en position mon corps d’armée dans la direction qu’avait suivie l’ennemi, et je pris le chemin d’Altenbourg. .Mon avant-garde arrivée au village d’Ober-Frauendorf, j’appris que l’ennemi occupait le bois situé à très-peu de distance, et qu’une forte arrière-garde était au delà du village de Falkenheim. Une brigade entière, placée en tirailleurs, fut chargée de chasser l’ennemi du bois, de le fouiller dans toutes ses parties, afin de prévenir toute espèce de surprise. Avec un matériel aussi considérable, dans un pays aussi difficile, il y a les plus grands périls à marcher sans une extrême précaution. Un corps d’armée peut être détruit s’il avance avec trop de confiance et sans être suffisamment éclairé. Le bois étant évacué par l’ennemi, je trouvai au débouché un corps de quinze mille hommes environ, formé en avant du village de Falkenheim, avec vingt pièces de canon.

Celle posilion est Irès-forle cl appuyée à droile et à gauche par de très-grands escarpements. Elle n a qu’un seul inconvénient, celui d’être suivie d un mauvais défilé. Après avoir reconnu la position de l’ennemi, fait occuper par les premières troupes deux mamelons qui protégeaient la sortie du bois, et placé quelques pièces de canon sur la hauteui , après avoir fait serrer la division du général Freiderich sur celle du général Lagrange pour la soutenir, je donnai ordre à celui-ci d’attaquer 1 ennemi. Malgré une vigoureuse résistance de sa part, la valeur de nos troupes fut telle, qu’en un instant tout fut culbuté et l’ennemi poursuivi jusqu’à l’entrée du défilé, où il laissa beaucoup de pièces de canon et de voitures. La nuit seule arrêta notre poursuite. Le 57' léger et le 4' de marine se distinguèrent. L’ardeur des troupes était telle, qu’il fallut plutôt s’occuper à la calmer qu a la stimuler, afin de ne pas compromettre des succès toujours assurés avec de pareils soldats, quand ils sont bien conduits.

Le lendemain, 30, je me mis en marche pour Âllenbourg. L’armée ennemie l’avait évacuée pendant la nuit, et nous y trouvâmes une arrière-garde qui se retira à notre approche. Dans le trajet de Falkenheim à Altenbourg, nous pûmes juger par nonsmêmes du désordre de la veille chez l’ennemi. Fhi-

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