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ne put pas déboucher pour culbuter et mettre eu déroute le corps russe, très-inférieur en force, isolé dans une position ouverte, sans appui et sans moyeu pour résister. Mais aussi comment se précipiter au milieu de cent quatre-vingt mille hommes qui, s’ils n’étaient pas là, se trouvaient cependant à portée dans un bassin vaste et découvert, sans avoir derrière soi les forces nécessaires comme point d'appui? f]t pourtant il y avait un tel désordre dans l’armée alliée en ce moment, que.le corps de Van-’ damme seul pouvait, en l’accroissant encore, amener des résultats incalculables.
C’est l’esprit de justice dont je fais profession, et ma conviction profonde, qui me décident à prendre la défense de Vandamme, car ce général ne m’a jamais inspiré aucun intérêt, .l’ajouterai à ce qui précède une dernière réflexion sur la conduite de Napoléon, réflexion qui la rend encore moins concevable.
L’armée ennemie se retirait sur diverses colonnes, et devait naturellement se rassembler dans la plaine de Tœplitz. Le ÛO août, elle devait, d’après tous les calculs, s’y trouver réunie, cl, le jour sui- * vant, les divers corps de l’armée française, après avoir descendu du plateau de Saxe, se trouvaient en présence. Une fois.nos corps réunis, qui devait commander, qui devait donner la direction, l’im-
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pulsion cl l’ensemble? Personne, puisque Napoléon étail le 30 à Dresde, et n’avait pris aucune disposition pour suppléer, le 31 , à sa présence en Bohême. Ainsi, dans le cas de succès constants dans la poursuite, il se mettait, par sa propre volonté, da1^s des conditions qui en rendaient les effets plus que douteux. L’on ne peut dire qu’il avait suspendu la pour suite, car aucun ordre semblable n’arriva aux autres corps, et Vandamme en a reçu de contraires.
On se perd dans ce dédale où l’on ne peut découvrir ni im calcul ni une intention raisonnable. Seulement il paraît incontestable que Napoléon, frappé de la nouvelle du désastre de la Katzbach, et ne pensant qu’à la nécéssité de le réparer, ne voulut pas s’éloigner de l’armée de Silésie; mais, quelque urgents que fussent les secours à lui porter, ils ne pouvaient pas être immédiats, tandis que les affaires de Bohême,' d’une nature décisive, réclamaient à l’heure même et le secours de sa garde pour soutenir Vandamme, et sa présence pour la direction de l’ensemble des opérations. Dans tous les cas, rien n’excuse et ne peut excuser Napoléon de n’avoir pas informé Vandamme du changement de ses résolutions'.
* La loUre ci-après prouve que, le 50 août, l'intention de l'Empereur lit lit (pie l’armde continuât son mouvement oflensir et descendit le plateau de la Saxe pour i^mitrer en Bobime. Vandamme, mm soutenu |>ar la garde, qui avait clii rappelcie h Dresde, devait marcher sur Tœpliti,